En fait, la moitié des départements ne repasseront jamais à 90 km/h
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En fait, la moitié des départements ne repasseront jamais à 90 km/h
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LA REDACTION |  30/09/2019 17:32
En fait, la moitié des départements ne repasseront jamais à 90 km/h

Ce sera bientôt permis, mais tout semble fait pour décourager les élus de contourner le 80 km/h.

L’enthousiasme lève le pied. Après de houleux débats, la vitesse sur le réseau secondaire devrait rester limitée à 80 km/h. Mais la « loi mobilités »,  qui sera votée par le Sénat dans les semaines à venir, va donner compétence aux départements pour y déroger et choisir de monter certaines de ses routes à 90 ou à 70 km/h… Vue comme la mesure était impopulaire, on s’attendait à un raz-de-marée sur les bords des route qui emporterait tous les panneaux maudits. Selon une enquête menée par Europe 1, ça ne sera pas le cas.

Situation : c’est compliqué. Les présidents de départements voulant modifier à nouveau la loi devront d’abord établir un bilan de l’accidentologie sur l’axe concerné, puis soumettre celui-ci à une commission départementale de la préfecture avec des critères draconiens : pour être éligibles à la dérogation, les tronçons devront faire plus de 10 kilomètres, bénéficier d’accotement de 4 mètres et d’une ligne blanche continue et être dépourvus d’habitations.

Or, en plus de pouvoir retoquer tout ce qui ne semble pas convenir aux exigences de sécurité, la Sécurité routière a fait savoir qu’elle refuserait toute dérogation sur les axes comportant des arrêts de car et/ou des passages de tracteurs. Deux conditions qui rendent quasi impossible le retour à 90 km/h sur les routes de campagne. Quand bien même cela passerait, il faudrait encore passer à la caisse.

Cash indignation. Puisque la norme nationale restera à 80 km/h, la fabrication et l’installation des panneaux « 90 » vont représenter un lourd budget à assumer pour les collectivités qui voudront sauter le pas. Le président de l’Ain a calculé qu’il faudrait débloquer une enveloppe d’1,4 million d’euros s’il voulait repasser les 4500 kilomètres de routes de son département à 90 km/h.

Résultat, une dizaine de présidents de département (dont le Morbihan ou la Nièvre) jettent déjà l’éponge et annoncent qu’ils renonceront complètement à revenir en arrière sur leurs limitations de vitesse. Plus largement, la moitié des départements métropolitains (tels l’Ain, la Charente-Maritime ou le Loir-et-Cher) estiment qu’ils ne le feront que sur quelques tronçons. Donc une majorité du réseau routier français restera à 80 km/h. Comme si cela ne suffisait pas, la loi précise que les accidents survenant sur des routes qui dérogent à la norme seront directement imputables à la collectivité. De quoi effrayer les derniers élus motivés par peur de procès. Mais n’était-ce pas exactement le but de cette loi d’assouplissement ?

Départements Limitation vitesse Loi 80km/h

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