En Allemagne, des élus refusent d'interdire les vieux diesels (et ça va leur coûter cher)
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En Allemagne, des élus refusent d’interdire les vieux diesels (et ça va leur coûter cher)
Hilaire Picault |  30.09.2019
En Allemagne, des élus refusent d'interdire les vieux diesels (et ça va leur coûter cher)

Depuis dix ans, Munich s'oppose à limiter la circulation des véhicules polluants. Au nom de l'environnement, un tribunal veut les envoyer en prison.

La ville la plus polluée d’Allemagne. Si Munich vous évoque des gens en salopette qui boivent des choppes plus grandes que leur bras, vous allez déchanter, car en ce moment on y croise surtout des magistrats. La Cour de justice européenne (CJUE) a été saisie début septembre par la Cour administrative de Munich pour réaliser une évaluation. Les juges bavarois souhaitent savoir si l’on peut ou non faire emprisonner des élus de Bavière qui persistent à refuser d’appliquer un décret européen.

Ce qu’on leur reproche : ces édiles ont refusé d’interdire la circulation aux voitures les plus polluantes, tels les vieux diesels. Soudain, on ne parle plus de préjudice et de normes européennes. C’est toute une époque de transition forcée qui est étudiée.

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L’inaction au pouvoir. Il faut dire qu’en matière de qualité de l’air, Munich fait figure de très mauvais élève. Les relevés de particules et dioxyde d’azote y sont loin au-dessus des seuils fixés par la communauté européenne. Au point que la justice fédérale a exigé en 2014 que le gouvernement régional de Bavière soumette un plan d’action pour y remédier. Ils auront pris le temps mais quatre ans plus tard ces derniers ont finalement répondu… par la négative.

Selon son ministre-président, Markus Söder, la Bavière est « le royaume de la voiture » et compte bien le rester coûte que coûte.

Là où nous imposons des zones à faible émission, des circulations alternées en cas de pic de pollution et des vignettes Crit’air pour trier qui peut ou non rouler, les élus ont refusé toutes ces solutions. Ils ont été punis d’une amende de 4000 euros qu’ils ont réglée cash et rien n’a changé. Pourquoi un tel acharnement dans l’immobilisme ? Tout simplement parce que la Bavière s’est fait une spécialité des gros diesels et refuse de risquer d’endommager son économie et d’amputer des milliers d’emplois. À la place des interdictions, elle préfère verser une subvention pour inciter à racheter une voiture plus récente.

Markus Söder, ministre-président de Bavière et fan de diesel

Au moment où Berlin s’apprête à rejoindre Stuttgart et Hambourg en instaurant l’interdiction de circuler pour les vieux diesels dans son centre-ville, cette décision de justice communautaire va peser dans la balance. Depuis le Luxembourg, la CJUE a six mois pour étudier la question et livrer sa conclusion. Si cela n’enverra personne derrière les barreaux, cela offrira un levier fort à la justice allemande pour rendre son verdict. Un précédent qui pourrait ensuite peser auprès des collectivités locales de tous les pays membres…

allemagne Pollution de l'air

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