En 2 mois, le COVID-19 a fait plus pour le climat que la voiture électrique en 2 ans
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En 2 mois, le COVID-19 a fait plus pour le climat que la voiture électrique en 2 ans
Hilaire Picault |  23/03/2020 10:16
En 2 mois, le COVID-19 a fait plus pour le climat que la voiture électrique en 2 ans

En limitant les trajets, le confinement a déjà sauvé des vies et agi plus efficacement contre le dérèglement climatique que toutes les primes à la conversion. Une inspiration pour l’après coronavirus ?

En quelques semaines, la pandémie a mis le monde à l’arrêt. Le confinement interdit les transports du plus grand nombre pour n’autoriser que les déplacements d’urgence, ce qui infléchit la pollution atmosphérique. Les images satellite prises par l’ESA montrent qu’au-dessus de la Chine d’abord, puis de l’Italie la semaine dernière, la pollution au dioxyde de carbone et au dioxyde d’azote disparaissent. Comme un symbole, à Venise, l’eau redevient claire depuis que les canaux ne subissent plus les vaporetti diesel et les afflux de touristes en paquebot. Preuve que les transports, s’ils sont loin d’être les seuls, participent encore largement à la pollution de l’air.

https://twitter.com/ESA_fr/status/1238521932888358918

Vidées, les usines s’éteignent aussi, stoppant pour un temps la surconsommation énergétique dont souffre notre monde. Conséquence immédiate, les consommations énergétiques diminuent : la consommation a baissé de 15% d’électricité engloutie en France en mars selon une filiale d’EDF. Cette soudaine sobriété pourrait bientôt adoucir notre bilan carbone national et soigner l’air qu’on respire. Un chercheur de l’université de Stanford affirme même qu’à l’échelle environnementale, le virus a déjà sauvé des vies.

Un virus qui sauve des vies et de l’électricité. Puisque l’inhalation de particules fines réduit l’espérance de vie de trois années, la chute des émissions depuis deux mois aurait déjà épargné la vie de 4000 jeunes enfants et 73 000 seniors de plus de 70 ans. Comparativement, l’épidémie de coronavirus est pour le moment responsable de plus de 10 000 morts. Des chiffres tragiques, mais pour Marshall Burke, oui, « les vies sauvées par cette réduction de la pollution causée par les perturbations économiques du COVID-19 dépassent le nombre de morts dues au virus lui-même ». De quoi se plaint-on… ? Combiné au printemps naissant – son soleil, ses oiseaux qui reviennent – on serait tenté de croire que le ralentissement est la solution parfaite.

Hélas, ce serait parfaitement idiot de croire que la maladie va sauver le monde.

Décroissance subie. La pollution de l’air ne provient pas que des transports ; l’économie arrêtée devra un jour repartir et sans doute à double cadence, ce qui sera très impactant. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie avertissait que la fermeture des usines signifiait aussi la récession du photovoltaïque et de l’expansion des énergies nouvelles et qu’il fallait rapidement préparer l’après coronavirus « Dans quelques mois, notait Fatih Birol, peut-être plus longtemps, les conditions du marché se rétabliront, mais notre défi climatique sera toujours là. » À ce titre, il faut réfléchir à assainir les transports.

Depuis deux ans, l’Europe a durci les règles pour les constructeurs automobiles, imposé des contrôles techniques plus stricts chaque année. Les agences pour l’environnement ont incité à des zones faible émission, des vignettes pour classer les véhicules polluants et suggéré des primes à la conversion… Depuis, les constructeurs règlent de copieuses amendes pour les véhicules classés polluants qu’ils ont sortis de leurs usines et s’activent sur leurs modèles électriques. Les ventes de voitures électriques s’envolaient chaque mois un peu plus. Sauf que personne n’en voit encore le résultat.

Il reste beaucoup à faire et le contexte est terrible. Les ventes de voitures électriques en Chine se sont évidemment écroulées en 2020. Une chance pour le marché européen ou une barrière de plus ? Les Chinois étaient ceux qui tiraient le marché vers le bas. La seule conclusion que l’on peut actuellement tirer, c’est que nous avons la preuve aujourd’hui qu’en supprimant une majorité du trafic on agit efficacement sur le climat et l’atmosphère qu’on respire. Plus que l’électrification des modèles, c’est la réduction de leur trafic qui fonctionne, ce qui donne raison aux services de mutualisation comme l’auto-partage et le covoiturage.

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