En 2 mois, le coronavirus a cloué plus d'avions au sol que le "flygskam" et Greta Thunberg
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En 2 mois, le coronavirus a cloué plus d’avions au sol que le “flygskam” et Greta Thunberg
Vincent Pons |  10.02.2020
En 2 mois, le coronavirus a cloué plus d'avions au sol que le "flygskam" et Greta Thunberg

Match au sommet entre le virus qui effraie les voyageurs les plus avertis et la très sérieuse honte de polluer la planète par des voyages. Qui sera le plus efficace pour faire baisser le trafic aérien ? Voici les chiffres.

Les voyages forment la jeunesse… mais surtout les virus. Fin 2019, le coronavirus fait son apparition en Chine et n’a cessé de se répandre à travers le monde. Son mode de transmission préféré : les voyageurs. Vaisseau “parfait” pour son développement, ils sont la meilleure manière de sauter d’un continent à l’autre en moins de 24 heures. Face à cela, la réaction des autorités ne s’est pas fait attendre et de nombreux aéroports chinois ont été bloqués afin d’éviter la pandémie mondiale.

Parallèlement, l’autre star de 2019, et Dieu merci moins dangereuse que le coronavirus, nous vient tout droit de Scandinavie : c’est le flygskam, ou la honte de prendre l’avion. Popularisée par une adolescente suédoise aux couettes blondes nommée Greta, cette honte se propage aussi vite qu’une traînée de poudre, amène à repenser notre façon de nous déplacer sur les longues distances et effraye déjà les banquiers suisses.  

Alors, à votre avis, laquelle de ces deux tendances a fait le plus pour la planète ?

Le match. British Airways, Lufthansa et Air France, toutes ces compagnies ont déjà pris leur précaution en supprimant tous leurs vols vers la Chine. Un véritable effet domino se poursuit sur l’ensemble des transporteurs aériens européens et le nombre de compagnies desservant le pays se réduit de plus en plus. Entre le 23 janvier et le 3 février, 26% des liaisons internationales prévues ont été annulées. Selon CNBC, entre le 29 janvier et le 28 mars, plus de 165 000 vols ont déjà été supprimés. En approximativement deux mois, cela aurait affecté 27 millions de personnes. Et la liste continue de s’allonger. 

Le flygskam est certes moins impactant que le coronavirus sur le court terme, mais il s’inscrit dans la durée. Selon l’Union des banques suisses (UBS), les prévisions de croissance du secteur doivent être divisées par deux par sa faute (ou grâce à lui, c’est selon). Les voyageurs changent leurs habitudes et le nombre de vols pourrait diminuer de 1,5% dans l’UE et de 1,3% aux États-Unis. Selon nos calculs, si le nombre de passagers transportés en 2017 était de un milliard en Europe et de 229 millions pour les États-Unis, cela ferait donc une chute de voyageurs de 15 millions pour l’Europe et d’approximativement 3 millions pour les États-Unis. Soit, sur un an, 18 millions de billets d’avion en moins. 

And the winner is… Le grand gagnant de ce “match écologique” est donc le coronavirus ! Sur une période de deux mois, il dépasse toutes les estimations d’impact du flygskam en terme de baisse du trafic aérien. Cette épidémie a des effets inattendus : après la chute du prix du pétrole, elle a désormais un impact sur le réchauffement climatique. Il ne faut tout de même pas oublier que cette épidémie est une crise sanitaire réelle et que l’annulation des vols est une mesure de prévention inévitable pour contenir sa propagation. Mais même avec ça, voilà au moins une preuve qu’il est possible de réduire concrètement les émissions de carbone de l’industrie aérienne. Au moins une bonne nouvelle.

Aviation coronavirus flygskam. Pollution de l'air

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