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    En Égypte, des femmes militent pour avoir le droit de faire… du vélo

    Une première marche vers l’autonomie dans un pays où les infrastructures sont rares et les préjugés sévères.

    Roue voilée. Si chez nous les cyclistes envahissent les villes, c’est loin d’être aussi répandu en Égypte. Là-bas, nulle piste cyclable et seuls quelques ouvriers y ont recours faute de pouvoir acheter une voiture. Les transports en commun sont insuffisants, le trafic est parfaitement anarchique et l’entretien des routes rend toute circulation dangereuse. Pourtant, une poignée de femmes en a fait son véhicule de prédilection.

    Souvent en jeans et t-shirt, tantôt voilées, tantôt les cheveux longs au vent, elles enfourchent leurs montures chaque week-end et bravent les chauffards pour une longue promenade. Les Cairo Cycling Geckos en particulier rassemblent les volontaires pour ces balades qui respirent l’émancipation.

    Cairo cycling Geckos

    Enjamber les préjugés. Car en Égypte comme dans beaucoup de pays du Proche-Orient, l’usage du vélo est réservé aux hommes. La position induite est jugée inconvenante et les femmes préfèrent éviter les remarques abaissantes et le harcèlement de rue encore trop fréquents.

    « Malheureusement en Égypte, déplorait Yasmine à La Dépêche, ce n’est pas bien vu pour une fille de faire du vélo. » Celles qui voudraient être autonomes se refusent à acheter une bicyclette ou à apprendre le vélo. Ce que des groupes comme les Geckos ou l’association Go Bike combattent par ces rendez-vous qui démocratisent le cyclisme.

    Changer de plateau. Comme s’il fallait donner encore plus de sens à ces randonnées émancipatrices, soutenues par la marque Bescletta qui prêtent les vélos, les Geckos profitent de leurs traversées pour apporter de la nourriture dans les quartiers les plus démunis du Caire. « Nous ne pourrons jamais expliquer ce sentiment de bonheur que nous ressentons après avoir parcouru de longues distances à vélo et accompli la mission pour laquelle nous faisons du vélo », déclarent les cyclistes égyptiennes épanouies.

    Espérons que demain, elles seront assez pour inciter le président Abdel Fattah al-Sissi à choisir ce mode de transport.

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