Écologie : les sportifs de haut niveau doivent-ils être privés de jet privé ?
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Écologie : les sportifs de haut niveau doivent-ils être privés de jet privé ?
Robin Ecoeur |  13/09/2021 18:52
Écologie : les sportifs de haut niveau doivent-ils être privés de jet privé ?

Certains grands sportifs, notamment des footballeurs ou des basketteurs, se déplacent en jet privé pour des déplacements parfois courts, suscitant l’indignation sur les réseaux sociaux. Mais peuvent-ils faire autrement ?

Voici un exemple parmi tant d’autres. Début septembre, le footballeur français Kylian Mbappé poste sur les réseaux sociaux une « story » dans un jet privé. Son trajet : Strasbourg – Paris, soit moins de 500 kilomètres. Un itinéraire d’environ 5 heures en voiture et de deux heures en TGV que le Français réalise en avion (alors qu’un trajet en train produit 84% de carbone en moins que son équivalent par les airs). Sur les réseaux sociaux, certains ont du mal à comprendre ce choix, alertant sur ce non sens écologique (les émissions de CO2 des jets privés en Europe ont notamment augmenté de 31% entre 2005 et 2019, selon un rapport de l’ONG Transport & Environnement en 2021).

Le champion du monde 2018 n’est pas le seul sportif à se faire huer par les fans lorsqu’il monte dans un jet privé pour se déplacer. Greenpeace avait réagi sur Twitter à une photo du PSG quand les joueurs de ce dernier ont réalisé Paris – Lens en avion, en écrivant : « Paris – Lens en avion : le PSG met un coup de boule dans le climat ». 

Même indignation quand ces mêmes joueurs prennent l’avion pour se rendre en Bourgogne depuis Paris alors qu’un bus officiel réalise le même trajet à vide pour les accueillir à leur arrivée et les transporter jusqu’au stade. L’Olympique Lyonnais avait subi le même traitement après avoir posté une vidéo des joueurs montant dans l’avion pour se rendre à Paris. En résumé, mêmes les équipes au complet sont dans le viseur des écologistes. On peut en effet se poser cette question : pourquoi l’avion est-il souvent privilégié, même pour des trajets courts, alors que des solutions moins nocives pour l’environnement et moins coûteuses existent ? (le prix de la location d’un avion pour un club de Ligue 1 s’élève à environ 25 000 euros). 

Tous en première classe. L’équipe de Lille s’est par exemple rendue à Londres (1h30 de trajet) en TGV pour un match de Ligue des Champions contre Chelsea. « Il faut trouver le bon équilibre entre le coût, la facilité d’organisation et l’aspect éco-responsable, sans prendre de risque sur notre compétitivité sportive, qui reste notre métier » explique alors à la Voix du Nord une source proche du club. C’est donc possible d’alterner, et de ne pas toujours opter pour l’avion quand des solutions plus rapides et plus écologiques existent. 

Mais quand il s’agit de grands sportifs ou d’équipes de sport, le « bon équilibre » n’est pas toujours facile à trouver. Un trajet en avion privé sera toujours le moyen le plus simple sur un plan organisationnel puisque les aéroports sont souvent situés en périphérie des villes, et sont à l’abri des regards. Prenons un exemple : si Kylian Mbappé décide de prendre le train au lieu de son jet privé pour faire Strasbourg – Paris, il devra se rendre dans le centre de la ville alsacienne et faire face aux fans à la gare qui vont le reconnaître. Il risque de provoquer une cohue et sera sans doute obligé de privatiser une rame afin d’être tranquille. Si sur l’aspect écologique, Kylian ferait mieux de prendre le train, la facilité l’oblige presque à monter dans un avion.

Carton rouge pour l’écologie. Toutes les équipes, ou les grands sportifs, ne décollent pas d’un aéroport pour se déplacer. Ce privilège est réservé à ceux et celles qui gagnent le plus d’argent ainsi qu’aux longs trajets quasi impossible à faire autrement. Le bon vieux bus est souvent l’option choisie par les collectifs sportifs puisqu’il ne nécessite que très peu d’organisation en amont, en tout cas moins qu’un trajet en avion. D’ailleurs, dans un rapport de la Ligue de football professionnel intitulé « Jouons la Collectif » publié en 2020, deux tiers des clubs français de Ligue 1 et Ligue 2 disent être en faveur de trajets en bus quand celui-ci ne dépasse pas 4 heures. C’est déjà bien, mais il y a encore des progrès à faire : selon Le Parisien, 82% des clubs de Ligue 1 effectuent leurs déplacements via des vols privés.

Les footballeurs ne sont pas les seuls dans cette histoire. Les basketteurs en NBA aux États-Unis, avec un rythme de match effréné, se déplacent majoritairement en avion, tout comme les joueurs de tennis professionnels de l’ATP. Que faut-il faire pour inverser la tendance ? Doit-on obliger les sportifs et les clubs à prendre des moyens de transport vertueux quand ils sont disponibles, au nom de l’environnement ? La question se pose réellement, et encore plus quand il s’agit de déplacements privés de tel ou tel joueur pour diverses raisons (soin, transfert, réunion). Une question qui devrait être prise au sérieux dans ce monde un peu à part où, pour l’instant, l’écologie n’est pas LA priorité.

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