" layout="nodisplay"> Dossier : un an après, quel bilan pour le 30 km/h à Paris ?
LA NOUVELLE MOBILITÉ S’EXPLORE AVEC
Detour
Accueil / Mobilité douce / Dossier : un an après, quel bilan pour le 30 km/h à Paris ?
Dossier : un an après, quel bilan pour le 30 km/h à Paris ?
LA NOUVELLE MOBILITE S'EXPLORE AVEC
Edité par
LA REDACTION |  07/09/2022 18:00
Dossier : un an après, quel bilan pour le 30 km/h à Paris ?

Instaurée à la rentrée 2021, cette mesure devait réduire les émissions carbone, les nuisances sonores et limiter les accidents. Point par point, les mesures dessinent un mieux, mais des zones d'ombre persistent...

20 km/h de moins. Le 30 août 2021, Paris limitait la circulation à 30 km/h au lieu de 50 km/h dans toutes ses rues, à l’exception des grands boulevard dont le périphérique. De nombreuses villes l’ont imitée depuis, parmi lesquelles Lyon, Bordeaux, Montpellier et Clermont-Ferrand, toujours avec les mêmes attentes : une réduction, sinon du nombre d’accidents, au moins du nombre de morts et de blessés, mais aussi du bruit lié au trafic et des émissions de dioxyde de carbone. Un an plus tard, l’hôtel de ville n’a pas encore communiqué sur ses résultats. Toutefois, un premier bilan peut être dressé objectif par objectif.

Sachant que 6 voies sur 10 étaient déjà limitées à 30 km/h avant la mesure, et que la vitesse moyenne constatée depuis 2019 dans Paris intra-muros était d’à peine 13 km/h en journée, on pouvait douter que ce décret changerait quoique ce soit ; mais la mesure a porté ses petits fruits.

 

Moins de bruit. C’est L’Observatoire du bruit de la capitale, Bruitparif, qui a rendu son verdict le premier. Les mesures prises par ses sonomètres le long des routes indiquent que le niveau sonore global a bien baissé. La diminution moyenne dans la ville est de 0,5 dBA (décibels pondérés) mais peut atteindre 3 dBA dans certaines zones. L’impact est donc réel, bien qu’encore « peu perceptible par les riverains ».

Bruitparif précise qu’il attendait une baisse globale de 3 à 3,5 dBA normalement, si les bouchons étaient maîtrisés et la part de « deux-roues motorisés » réduite. Ce que le stationnement payant des scooters et motos est en train de faire, d’une certaine façon.

Plus sûre ? La préfecture de police n’a communiqué de chiffres officiels ni sur le nombre de PV que la mesure a généré, ni sur le nombre d’accidents survenus depuis sa mise en place. Le dernier bilan date de 2020 et indiquait 4726 accidents faisant 5350 victimes dont 45 mortelles, et c’est ce point en particulier qui devrait chuter cette année : la mortalité.

Selon l’association Prévention routière, un piéton a 95 % de chances de survivre à une collision à 30 km/h contre seulement 53 % à 50 km/h. Ce que confirme l’exemple de Bruxelles, passée aux 30 km/h plus tôt que Paris et où le nombre de victimes de la route a été divisé par deux : la capitale belge recensait 11 morts en 2020 et 121 blessés graves ; elle est tombée à 5 décès et une centaine de blessés après la nouvelle limitation de vitesse. A confirmer, sans doute tout début 2023.

Si la limitation a baissé, les automobilistes la respectent-ils ?

Émissions impossibles. En matière de pollution non plus, aucun rapport officiel (notamment d’Airparif) n’a été publié pour le moment. Toutefois, la limitation de vitesse devrait, selon l’ADEME, fluidifier la circulation et ainsi réduire les phases de freinage et accélération qui sont les plus émissives. C’est ce qu’a constaté Londres, dans les même conditions. Si une étude du CEREMA avait remarqué qu’en roulant moins vite, certains moteurs essence et diesel avaient tendance à relâcher plus de CO2, on a plusieurs fois démontré que la baisse de la vitesse maximale tendait à réduire le trafic et développer les mobilités douces.

Deux tendances qui réduisent in fine les émissions. Pas de chiffres mais des espoirs donc. Il faudra toutefois croiser de nombreuses analyses pour voir si le décret a effectivement modifié la qualité de l’air dans Paris. A commencer par une question majeure : si la limitation a baissé, les automobilistes la respectent-ils ?

https://twitter.com/M_Chassignet/status/1431525657163534336?s=20&t=ea3GYVgde0kMhs9oWX9XTA

Moins vite… mais pas partout. Armé d’un cinémomètre, un reporter de RTL a constaté que la limitation de vitesse est plutôt respectée dans les petites rues mais bien moins sur les axes plus larges. Une part du trafic s’est même déplacé de Paris intra-muros au périphérique, coinçant celui-ci à une moyenne de 46,3 km/h (alors qu’il est limité à 50 km/h) selon les chiffres du navigateur Coyote.

Quelles conclusions tirer ? Que la stratégie de réduction de vitesse ne fonctionnera qu’en surveillant et encadrant aussi le report de trafic vers le périphérique, où les bouchons génèrent plus de bruits et de pollution atmosphérique. Pour voir le verre à moitié plein, le report modal vers le vélo réduit le nombre d’automobilistes donc d’émission et de décibels. Ceux qui ne peuvent se passer de leur voiture prendront le pli de cette limitation, ce n’est plus qu’une question de temps.

Mobilité douce

VOUS AIMEREZ AUSSI
Qui sommes-nous?

Qui sommes-nous?

Une rédac curieuse et avide de vous faire découvrir la mobilité sous un autre jour

voir la page
Newsletter

Newsletter

Chaque semaine, 1 minute pour vous faire découvrir le meilleur de la mobilité

Contact

Contact

Envoyez-nous vos projets, idées, remarques ou juste un bisou

nous ecrire
De quelle solution mobilité avez-vous besoin aujourd'hui?
Retour
De quelle solution mobilite avez vous besoin aujourd'hui?
Faites votre choix !