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    Une agriculture française durable et rentable grâce à Maxime

    Maxime de Rostolan a fondé « Blue Bees », le crowdfunding de l’agriculture écologique, et l’association « Fermes d’Avenir », qui promeut l’agriculture responsable dans l’Hexagone. Rencontre avec un militant utopiste mais pragmatique.

    Qu’est-ce qui vous a amené à militer en faveur d’une agriculture plus écolo ?

    Après une formation d’ingénieur en environnement, j’ai fait un tour du monde de deux ans en camion pour m’informer sur les problématiques de l’eau dans le monde. Je suis rentré en voilier en 2007, quand j’ai rencontré Louis-Albert de Broglie, créateur du Conservatoire National de la Tomate. Il m’a demandé de remettre au goût du jour plus de 200 planches pédagogiques à destination des écoles agricoles. En le faisant, j’ai découvert le biomimétisme, c’est-à-dire l’innovation inspirée par la nature, puis la permaculture, qui est le biomimétisme appliqué à l’agriculture.

    Quels étaient les objectifs de l’association Fermes d’Avenir à son lancement ?

    En 2012,  j’ai décidé de monter une ferme expérimentale avec Louis-Albert de Broglie : c’est la naissance de La Bourdaisière, le projet par lequel tout a commencé. Je suis resté 18 mois les mains dans la terre et, en parallèle, j’ai fondé Blue Bees : une plateforme de financement participatif pour rendre l’agriculture et l’alimentation durables. L’idée derrière tout ça, c’est de remettre le système dans le bon sens.

    « Nous voulons un modèle agricole qui nourrisse les hommes, tout en prenant soin de leur santé, de l’environnement et qui soit capable de créer des emplois durables. »

    Actuellement, l’agriculture conventionnelle est vouée à l’échec : sans la PAC [des aides européennes, ndlr], 70% des exploitations mettraient la clé sous la porte. En France, il y a actuellement 570 000 agriculteurs, dont 170 000 en pré-retraite. Ce que nous voulons avec Fermes d’avenir, c’est de provoquer les conditions pour former 200 000 agriculteurs bio et locaux d’ici à 2020. Avec 5 millions de chômeurs, il y a certainement des solutions à imaginer.

    Quel accueil reçoivent vos revendications auprès du grand public ?

    En ce moment, nous organisons le « Fermes d’Avenir Tour » pour donner une image positive du métier d’agriculteur. Nous sillonnons la France à la rencontre des acteurs des terroirs. À chaque étape, nous proposons au public de découvrir des fermes, d’assister à des conférences, de participer à des ateliers pour se former à la permaculture, de goûter une restauration bio et locale… Et de finir sur une « agriculteuf » avec des concerts live !

    Comme voyez-vous l’avenir ?

    Il faut se mettre d’accord sur un constat : l’agriculture chimique ne fonctionne pas. Au contraire, elle nourrit mal et génère des maladies, des problèmes de fécondité, des handicaps… Économiquement, le modèle n’est pas efficace non plus. L’agroécologie génère beaucoup plus de richesses que l’agriculture conventionnelle : en rendement par unité de surface, on produit plus quand on travaille avec la nature. À la ferme de Bec-Hellouin, l’INRA a démontré qu’un hectare de terre cultivé produit trois fois plus que celui d’une exploitation classique. À l’échelle d’une société, on constate aussi que les impacts positifs sont beaucoup plus nombreux, sur le plan de la santé, de l’emploi, de l’environnement et de la dynamique des territoires. Actuellement, l’enjeu majeur est de remplacer les agriculteurs qui partent à la retraite. Notre plan d’action est donc de former les paysans de demain.

    Fermes d’avenir : fermesdavenir.org

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