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    Des petits génies français bidouillent le vivant à la Paillasse

    Le futur s’invente tout près de chez vous…

    Au fond d’une cour pavée, entre les prostituées et les magasins de textile de la rue Saint-Denis, à Paris, se cache un biohackerspace : La Paillasse. Scanner de l’ADN, faire twitter des plantes ou fabriquer des drones, rien n’est impossible dans ce repaire hybride où sc La Paillasse. Scanner de l’ADN, faire twitter des plantes ou fabriquer des drones, rien n’est impossible dans ce repaire hybride où scientifiques, ingénieurs et. Scanner de l’ADN, faire twitter des plantes ou fabriquer des drones, rien n’est impossible dans ce repaire hybride où scientifiques, ingénieurs et artistes cohabitent pour faire de la recherche en open source. Entre laboratoire de biologie, espace de coworking et pépinière de startups… Bienvenue dans le royaume de la bidouille.

    Tu veux dire qu’avec ça, je peux scanner mon ADN ?” Marc Fournier, cofondateur de La Paillasse (2e arrondissement) hoche la tête, affLa Paillasse (2e arrondissement) hoche la tête, affirmatif. “Oui, avec un transilluminateur tu peux scanner à peu près tout. Tes lasagnes, par exemple, si tOui, avec un transilluminateur tu peux scanner à peu près tout. Tes lasagnes, par exemple, si tu veux être sûr de ne pas manger du cheval. Attention, la limite, c’est le test de paternité. Légalement, on n’a pas le droit. Bon, on l’a quand même testé sur nos cellules… Ça va, ça marche.” Marc Fournier sourit, malicieux. Bidouiller le vivant comme on bricolerait un ordi ou une voiture pour trouver des solutions innovantes est l’essence même de la Paillasse même si, son co-fondateur l’affirme, tous les projets respectent les limites imposées par la loi.

    Crédit photo : fanpage Facebook

    Et jamais ses fondateurs n’auraient imaginé il y a 5 ans qu’un labo installé au départ dans un squat à Ivry se convertirait en premier biohackerspace de France et le plus grand du monde. Laboratoire/ hackerspace/ espace de coworking/ Fab lab… La Paillasse n’en finit pas de slasher pour définir les fonctions de ses 750m2. “C’est surtout un endroit ouvert à tous, 24h/24 et 7j/7 où l’on peut faire du do it yourself autour de la biologie mais pas seulement. Des artistes et même des marques viennent ici.” Il est loin le temps du TMP lab d’Ivry (94), où, avec le chercheur Thomas Landrain, à l’époque thésard en biologie, ils récupéraient du matériel inutilisé de labos pour bidouiller.

    “Un jour, on a fait twitter une plante [Sanobot, ndla] sur le niveau de pollution dans l’air. Elle avait des petits capteurs reliés à quelques lignes de code.” Depuis, La Paillasse a pris ses aises et est passée au cap supérieur. “On est arrivé il y a un peu plus de 2 ans à Paris. Maintenant ça va, c’est moins le bordel qu’avant,” explique Marc Fournier au milieu des bouteilles de club MOn est arrivé il y a un peu plus de 2 ans à Paris. Maintenant ça va, c’est moins le bordel qu’avant,” explique Marc Fournier au milieu des bouteilles de club Mate – une boisson énergisante bue par les geeks – et d’une perceuse à colonne trônant au milieu du hall d’entrée “en attendant d’être déplacée”. “en attendant d’être déplacée”.

    Division d’amides, soupe de bactéries et grosse Berta

    Au fond à gauche, à côté de l’open space de coworking, direction le labo. Comme une gifle, l’odeur, âcre, agresse… “C’est la production des bactéries qui fait ça”, informe C’est la production des bactéries qui fait ça”, informe Marc Fournier. Sur les étagères, un champignon s’épanouit dans un bocal. “De la cellulose. C’est relativement comestible”, explique-t-il pédagogue. “C’est intéressant aussi pour les designers. Ça se compacte comme du plastique”. Non loin, un groupe d’étudiants en master de biologie “divisent “De la cellulose. C’est relativement comestible”, explique-t-il pédagogue. “C’est intéressant aussi pour les designers. Ça se compacte comme du plastique”. Non loin, un groupe d’étudiants en master de biologie “divisent des amides” (comprenez : des bouts de quelque chose de relativement vivant), à côté de “la grosse Berta”, la centrifugeuse. “Là, je nettoie de l’ADN puis je l’injecte dans les bactéries,” explique Camille, “C’est intéressant aussi pour les designers. Ça se compacte comme du plastique”. Non loin, un groupe d’étudiants en master de biologie “divisent des amides” (comprenez : des bouts de quelque chose de relativement vivant), à côté de “la grosse Berta”, la centrifugeuse. “Là, je nettoie de l’ADN puis je l’injecte dans les bactéries,” explique Camille, à peine plus de la vingtaine, étudiante archi-enthousiaste. divisent des amides” (comprenez : des bouts de quelque chose de relativement vivant), à côté de “la grosse Berta”, la centrifugeuse. “Là, je nettoie de l’ADN puis je l’injecte dans les bactéries,” explique Camille, à peine plus de la vingtaine, étudiante archi-enthousiaste. la grosse Berta”, la centrifugeuse. “Là, je nettoie de l’ADN puis je l’injecte dans les bactéries,” explique Camille, à peine plus de la vingtaine, étudiante archi-enthousiaste. Là, je nettoie de l’ADN puis je l’injecte dans les bactéries,” explique Camille, à peine plus de la vingtaine, étudiante archi-enthousiaste.

    En blouse blanche, elle explique avec beaucoup de sérieux que son équipe veut faire clignoter des bactéries pour gagner une compétition organisée par le célèbre MIT. “On modifie leur ADN pour qu’elles soient capables de détecter de la pollution en devenant bioluminescentes. Après on les met dans un drone. Comme ça on est capable de cartographier la pollution d’une ville entière sans avoir à répandre les bactéries partout.” Le projet à l’air important. Assez pour motiver 15 jeunes à partager leur été avec des pipettes et des solutions aqueuses dans un labo éclairé au néon.

    Au sous-sol, c’est Fab Lab, imprimantes 3D, tournevis et même “Glovebox”, cette boîte qui protège les composants de l’air et où l’on enfile ses mains dans des gants géants. “C’est celle que tu vois dans tous les films quand les scientifiques doivent manipuler des produits dangereux. Ça coûte super cher. Nous, on a fabriqué la nôtre pour 20€ avec une boîte Ikea et une paire de gants Mapa. Avec ça on a pu bosser pour Sony sur un projet d’électronique biodégradable”. Preuve que les coûts de recherche et développement peuvent être nettement réduits grâce à un peu d’huile de coude et beaucoup de bonnes idées.

    “On a remplacé du cuivre par des bactéries”

    “Ici les trucs bizarres deviennent des oppor“Ici les trucs bizarres deviennent des opportunités,” énonce Marc Fournier. Et c’est vrai que le joyeux bazar de La Paillasse a abrité une ribambelle de projets plus ou moins azimutés. De l’encre fabriquée par des bactéries grâce à Grow Your Ink, des salades alimentées par des poissons rouges via un système d’aquaponie ou enco Grow Your Ink, des salades alimentées par des poissons rouges via un système d’aquaponie ou encore des robots qui bougent par la pensée grâce à un casque EEG bourré d’électrodes… Tout ou presque a été testé.

    Si toutes ces réalisations peuvent prêter à sourire, elles ont attiré des marques avec des projets de plus grande envergure. Pour Sony, La Paillasse a développé une chaîne de molécules capable de remplacer des circuits imprimés à base de mélanine, ces pigments de notre peau qui nous permettent de bronzer. La société Dymond Cleantech, quant à elle, a planché sur un filtre réalisé en diamant capable de séparer les médicaments de l’eau, un défi environnemental majeur qui a tapé dans l’oeil de Suez Environnement “qui n’a pas la technologie en interne.”

    “Ce n’est pas le monde des Bisounours”“qui n’a pas la technologie en interne.”

    “Ce n’est pas le monde des Bisounours”“Ce n’est pas le monde des Bisounours”

    Esprit collaboratif, open source… Si la philosophie de partage de La Paillasse a permis à des projets ambitieux de voir le jour, elle a aussi ses limites. C’est ce qu’explique Jean-Lucien Mazeau, ingénieur électronique de la startup Fly Lab, qui customise des drones via des API, des logiciels disponibles en ligne. “Aujourd’hui on a des commandes pour le Samu, Intel ou l’école 42. Mais c’est sûr que le milieu des startups de drones, ce n’est pas le monde des bisounours.” Doux euphémisme pour décrire l’univers sans pitié de l’innovation technologique etAujourd’hui on a des commandes pour le Samu, Intel ou l’école 42. Mais c’est sûr que le milieu des startups de drones, ce n’est pas le monde des bisounours.” Doux euphémisme pour décrire l’univers sans pitié de l’innovation technologique et des limites du partage… Sans brevet, pas d’argent ! “On sait que la puce que l’on va commercialiser sera sur le marché chinois trois mois après”, explique l’ingénieur qui prépare une levée de fond conséquente. L’ingénieur touche du doigt une limite de la connaissance en open source : mettre en commun ses connaissances, oui, mais pas au point d’aider les autres à se remplir les poches sans récupérer sa part du gâteau… “On sait que la puce que l’on va commercialiser sera sur le marché chinois trois mois après”, explique l’ingénieur qui prépare une levée de fond conséquente. L’ingénieur touche du doigt une limite de la connaissance en open source : mettre en commun ses connaissances, oui, mais pas au point d’aider les autres à se remplir les poches sans récupérer sa part du gâteau…

    Si le concept du labo est d’ouvrir la connaissance au plus grand nombre, La Paillasse n’en oublie pas qu’il faut aussi créer de la richesse. Depuis son ouverture il y a bientôt deux ans, une dizaine de startups ont été incubées dans les locaux. Et ça marche ! Meïso, par exemple, propose des séjours d’isolation sensorielle. Le concept ? Un bain dans un bocal en forme de foetus dans une eau ultra-salée à 39°. L’auteur Bernard Werber, qui parle du concept dans ses romans, aurait adoré. Et il n’est pas le seul. Fort de son succès, Meïso va ouvrir son deuxième “spa” avec quatre caissons supplémentaire à Barbès à la rentrée.

    Et La Paillasse ne compte pas se cantonner à un arrondissement de Paris : Lyon, Lausanne, Cork, Manille et bientôt Saint-Brieux accueillent eux aussi leur labo d’un genre nouveau…

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