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    Demain, tous hackers ?

    Si vous ne comprenez rien quand votre enfant vous dit qu’il souhaite devenir un « expert en test d’intrusion », pas d’inquiétude car c’est une bonne nouvelle : il vient juste d’imaginer le boulot du futur. Un boulot à 35.000 € net par an : hacker éthique.

    Tu seras un hacker, mon fils. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais Kristoffer von Hassel a affolé le monde de l’informatique. C’était en 2014, quand le garçon a découvert une faille de sécurité dans sa console Xbox. Après plusieurs tentatives infructueuses, il a voulu contourner le verrouillage parental mis en place par papa, et a finalement trouvé la solution en tapant plusieurs fois sur la barre espace, jusqu’à faire sauter la protection du système de mot de passe.

    Le point important de l’histoire, c’est que Kristoffer, à l’époque, n’a que… 5 ans. En guise de récompense pour sa trouvaille, Microsoft lui a offert 4 jeux, 50 dollars et un an d’abonnement au Xbox Live. Accessoirement le Californien est devenu le plus jeune hacker de l’histoire de l’informatique. Happy end ? Non, c’est le début.

    Le hacking est-il un métier d’avenir ? Cette drôle d’anecdote pourrait être un cas isolé, mais elle traduit une tendance de fond. Nés avec un trackpad entre les doigts, les enfants des années 2010 maîtrisent déjà les outils informatiques à l’âge de 5 ou 6 ans, souvent bien mieux que leurs parents. Et si les pédopsychiatres peuvent s’inquiéter des conséquences à terme pour leur développement mental, les conseillers de Pôle Emploi, à l’inverse, pourraient bien leur dire merci.

    Pourquoi ? Parce que demain, les hackers seront certainement les profils les plus convoités sur le marché du travail. C’est en tout cas la conclusion d’une étude publiée par la société Mcafee, spécialisée dans la protection numérique : oui la pénurie de talents en cybersécurité est déjà généralisée, et 82 % des patrons américains sondés reconnaissent s’être déjà confrontés à des problèmes de cybersécurité au sein de leur entreprise. Et ce ne sont pas les équipes d’Hillary Clinton ou d’Emmanuel Macron, infiltrées par des pirates malintentionnés (coucou Vladimir), qui diront le contraire.

    D’ici à 2022, on s’attend à ce qu’il y ait une pénurie d’emplois de près de 2 millions de professionnels de la cybersécurité.

    Entreprise cherche hacker. Popularisé dans les films du début des années 2000 comme un psychopathe boutonneux souhaitant bidouiller des armes nucléaires, le hacker n’a certes pas bonne presse. Les clichés ont la vie dure et pourtant la société civile n’a peut-être jamais eu autant besoin d’eux. D’ici à 2022, on s’attend à ce qu’il y ait une pénurie d’emplois de près de 2 millions de professionnels de la cybersécurité. La faute sans doute à un manque de formations diplômantes, mais aussi à une méconnaissance de ce métier qui n’en est pas encore vraiment un (après tout, Bill Gates, Steve Jobs ont tout appris dans un garage, pas à l’école).

    Un métier en or. N’empêche qu’une autre étude publiée par Kaspersky Lab laisse espérer une évolution des mentalités chez les plus jeunes : 61 % des moins de 25 ans considèrent que le piratage informatique est une compétence  « impressionnante ». Une bonne nouvelle ? Affirmatif. Rien qu’aux États-Unis, les hackers éthiques (spécialisés dans la protection numérique des entreprises) reçoivent déjà une rémunération près de 10% supérieure. Et ce n’est qu’un début. En France, les ingénieurs spécialisés dans la sécurité informatique débutent avec un salaire moyen net de 35.000 euros par an (puis rapidement un peu plus).

    Votre enfant est-il un hacker ? Le site Infoworld.com a publié l’année dernière un papier hilarant permettant de repérer si vos enfants sont déjà en train de hacker dans votre dos. On y apprend notamment que le fait qu’ils aient l’air d’en savoir beaucoup plus que prévu sur vous et qu’ils switchent d’écrans dès que vous entrez dans la pièce, ou encore que votre fournisseur d’accès vous envoient des lettres pour vous demander d’arrêter le hacking, sont autant de signaux qu’il se passe quelque chose de pas très net chez vous. Tout cela est vrai, mais au lieu de les priver de dessert, il serait peut-être temps de les… encourager.

    Des sites comme LeBlogDuHacker permettent déjà de comprendre les fondamentaux du hacking éthique (= ne pas lancer une guerre nucléaire entre la Corée du Nord et les USA), des écoles comme celle de Xavier Niel, récemment ouverte à Paris, voient peu à peu le jour, et même l’armée américaine encourage les enfants à coder illégalement afin de former ses experts sécurité de demain.

    Avec tout ça, espérons que la prochaine fois qu’il/elle vous parlera de sa passion pour les trojan, keyloggers et autres certifications comme celle du CEH (Certified Ethical Hacker), vous ne tenterez plus de changer de sujet…

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