Débat : pourquoi les voitures de l’État ne sont-elles pas encore toutes électriques ?
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Débat : pourquoi les voitures de l’État ne sont-elles pas encore toutes électriques ?
Vincent Pons |  07/10/2021 09:58
Débat : pourquoi les voitures de l’État ne sont-elles pas encore toutes électriques ?

Les autorités invitent les Français à se déplacer en polluant le moins possible, mais aujourd’hui, regardons si elles appliquent à elles-mêmes leurs propres recommandations. L’État est-il malade du syndrome « faites ce que je dis, pas ce que je fais » ?

Make our planet great again. En juin 2017, fraîchement élu, Emmanuel Macron fut outré du retrait de l’Amérique de Trump de l’accord de Paris sur le climat. Il exprime alors son désarroi sur les réseaux sociaux et fait de « Make our planet great again » son premier slogan. Il affiche à la face du monde son souci de l’écologie. Pourtant l’État sur lequel il s’appuie cache une véritable « machine à polluer » : son parc automobile. Voyons si cet État est en capacité de transformer ses autos en exemple national sur la lutte environnementale.

Début 2020, 74 % du parc automobile des administrations publiques était composé de voitures à moteur diesel, l’électrique et l’hybride ne représentant que 8 % du parc.

État des lieux. En 2018, on estime le nombre de véhicules constituant le parc automobile de l’État à 65 000 véhicules pour une valeur totale de 600 millions d’euros. Début 2020, 74 % du parc automobile des administrations publiques était composé de voitures à moteur diesel, l’électrique et l’hybride ne représentant que 8 % du parc. Interloqué sur le manque d’engagement écologique de l’État à ce propos, le sénateur Hervé Maurey questionne alors en juillet 2020 le Ministère concerné sans obtenir de réponse…

Toutefois, l’État n’est pas inactif à ce propos. Avec la loi d’Orientation des Mobilités, promulguée en 2019, il s’est fixé comme objectif un verdissement de sa flotte avec un premier objectif en 2021. À cette date, les établissements publics doivent respecter un seuil minimum de 50 % de véhicules à faibles émissions, donc toujours pas électriques. Un second seuil a été établi pour 2026 où 37,4 % des véhicules des flottes devront cette fois-ci être électriques ou hybrides rechargeables.

Dans une circulaire parue le 13 novembre 2020, Jean Castex, Premier ministre du gouvernement, incite les services-publics à être plus éco-responsables. Il encourage les gestionnaires de mobilités de l’État à privilégier les modes de transport doux et à se désengager des véhicules thermiques. Espérons maintenant qu’il soit écouté car le véhicule électrique ne semble pas simple d’utilisation et sa faible autonomie semblerait ne pas convenir à tous les besoins… L’État est soumis aux mêmes contraintes que les citoyens.

Peut-il faire un effort ? La réponse est oui ! Tout cela demande des moyens et un engagement plus profond. La ville de Paris, qui dispose aussi d’une flotte importante, a totalement supprimé le diesel de son parc automobile depuis 2014. Toutes les berlines, citadines et véhicules utilitaires légers sont aujourd’hui électriques ou à essence sans plomb quand cela n’est pas possible. La décarbonation du parc a commencé en 2001, la municipalité ayant compris qu’il fallait s’y prendre tôt lorsque l’on parle d’écologie.

Avec son plan à l’horizon 2026, on peut louer les bonnes intentions de l’État. Mais, on peut aussi critiquer son manque d’anticipation car à ce rythme là, son parc automobile ne sera pas encore propre avant de longues décennies.

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