Débat : faut-il verbaliser ceux qui laissent tourner le moteur à l'arrêt ?
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Débat : faut-il verbaliser ceux qui laissent tourner le moteur à l’arrêt ?
Hilaire Picault |  27.05.2019
Débat : faut-il verbaliser ceux qui laissent tourner le moteur à l'arrêt ?

En Angleterre et en Belgique les amendes frôlent les 100 euros et vont se généraliser. Pourtant, cela ne semble pas inquiéter les Français. À tort ?

Carburant gaspillé, santé ruinée. On vous a déjà dit que rallumer un moteur à l’arrêt surconsommait ? On vous a menti. Dès que le moteur est assez chaud – donc dès qu’il a roulé – il n’utilisera que peu d’énergie pour redémarrer alors que le laisser tourner au ralenti consomme en moyenne 0,8 litre de carburant par heure. Ce qui signifie que dès la première minute à l’arrêt, vous économisez. C’est même pour ça que les constructeurs ont développé la technologie « Stop & Start » qui épargnerait, selon leurs calculs, 7 à 10% de consommation en ville. Non seulement c’est de l’essence perdue, mais cela participe évidemment à polluer l’air. Dur de prendre à la légère ces particules fines quand chaque année 48 000 personnes meurent de l’exposition à la pollution atmosphérique.

"technologie start and stop"

Les pros du pot. Nombreux sont les automobilistes qui refusent encore de couper leur moteur – par flemme ? – à chaque arrêt. Sans compter tous les livreurs en double file. En Belgique comme à Londres on a décidé de régler cette question en donnant de grands coups de pied dans le portefeuille.

Depuis le 1er mars 2019 à Bruxelles, laisser le moteur allumé pour rien vous coûte par exemple 130 euros, tandis qu’à Londres les amendes vont de 20 à 90 euros. Surtout, le ministre de l’Environnement britannique, Michael Gove, a déclaré vouloir systématiser les verbalisations, aujourd’hui trop souvent réduites à de simples avertissements. Dans son projet de loi, il souhaite qu’à chaque constat de récidive, l’infraction augmente pour monter jusqu’à 1000 euros pour les véhicules de livraison. Outch ! Une tendance qui pourrait bien gagner la France.

Automatiser pour changer les mentalités. L’arrêté de 1963, relatif aux fumées produites par les transports, stipule que « les véhicules en stationnement doivent avoir leur moteur arrêté, sauf en cas de nécessité ». Sans quoi, ils encourent une contravention de 4e classe, donc une amende de 135 euros qui peut être majorée jusqu’à 750 euros.

Si en 2014 nos agents de police ont dressé 649 contraventions, on est monté en 2017 à presque 2600 amendes remises. Sachant que l’Assemblée nationale vient de rendre la restriction de circulation lors des épisodes de pics de pollution systématique – il fallait jusqu’ici attendre l’aval du préfet –, on peut s’attendre à ce qu’il en soit de même pour les mesures répressives sur les moteurs inutilement allumés et leurs « échappements libres ». Les plus paranos penseront alors au recours grandissant à la vidéo-verbalisation, une répression de masse envisagée qui a de quoi nous convaincre de tourner la clé du moteur.

amendes loi Pollution de l'air

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