Débat : faut-il supprimer le périphérique parisien ?
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Débat : faut-il supprimer le périphérique parisien ?
Vincent Pons |  22/11/2021 09:56
Débat : faut-il supprimer le périphérique parisien ?

Véritable institution de la région, le périph’ est emprunté chaque jour par 1,2 million de véhicules. Censé fluidifier le trafic, il est pourtant synonyme de bouchons, de pollution et de lenteur. Alors qui veut encore aujourd’hui sauver le soldat périph’ ?

Souvenirs, souvenirs. Rappelez-vous, après 17 ans de travaux, le périphérique parisien ouvrait la totalité de ses voies le 25 avril 1973. Les automobilistes pouvaient alors faire le tour de Paris en théorie en moins de 30 minutes. En théorie… Premier Ministre de Georges Pompidou, Pierre Messmer l’inaugurera en grande pompe et annoncera le programme : « la raison d’être de ce boulevard périphérique est d’améliorer la circulation dans la région parisienne, et en particulier aux limites de Paris. Cet objectif est déjà largement réalisé ». Quarante-hui ans après, celui qui devait être un lien entre Paris et sa périphérie est devenu pour beaucoup la raison de tous les maux de la circulation de la capitale… 

Table rase. Nous sommes en 2019, la campagne pour la mairie de Paris débute. Gaspard Gantzer, candidat au poste présente la mesure phare de sa campagne : s’il est élu, il se donne quinze ans pour supprimer le périphérique. Cette autoroute urbaine en plein cœur de l’Île-de-France n’a pour lui pas lieu d’être et l’espace doit servir à autre chose. 

En prenant l’exemple de la destruction des rocades de Séoul ou Boston, il pense que cette route doit accueillir habitats, infrastructures ou espaces urbains plutôt que des voitures. Un coût de suppression estimé à deux milliards d’euros, mais qui selon lui réduirait considérablement la pollution. Pour ce qui est de la circulation, il la renverrait vers des axes plus éloignés comme la Francilienne ou l’A86. 

Houlà. Rejeter les voitures du périphérique sur d’autres voies est une idée audacieuse, mais les flux de circulation, comme nous le savons, ne disparaîtront pas. Ils seront détournés vers des routes qui n’ont pas été prévues pour accueillir un tel trafic et deviendront elles-mêmes des sources de pollution. Contacté par nos soins, Aurélien Véron, conseiller de Paris, abonde dans ce sens : « il ne faut pas fermer et reporter vers un autre axe car cela pollue plus que la situation initiale. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé avec les berges de Seine car la pollution est désormais plus importante que précédemment. La piétonnisation des voies sur berges répondait à une attente réelle des promeneurs parisiens. Mais l’argument écologique n’était pas fondé car leur fermeture a augmenté la pollution parisienne par ses reports. »

Il poursuit en évoquant l’impact qu’aura la fermeture du périphérique sur toute la région car « une ville comme Paris s’est développée en se densifiant avec une certaine offre de mobilité (transports en commun, marche, vélo et voiture). Si l’on freine l’automobile qui représente les 3/4 des déplacements en banlieue de manière brutale, on diminue la mobilité et on met de nombreuses personnes en difficulté pour aller au travail et donc on appauvrit l’Île-de-France. »

Une troisième voie. À ses débuts et jusqu’en 1993, on pouvait rouler à 90 km/h sur le périph’, puis la limitation est passée à 80 km/h pour s’établir à 70 km/h aujourd’hui, et bientôt à 50 km/h. Au lieu de rester le même ou de disparaître complètement, le périphérique a fait sa mue au cours de sa vie. Et à la Mairie de Paris, on réfléchit à de nouvelles transformations. 

Pour David Belliard, en charge de la transformation de l’espace public, des transports et des mobilités à la Mairie de Paris « la question n’est évidemment pas sa suppression, mais sa transformation car 500 000 personnes vivent aux alentours du périphérique et elles respirent un air très pollué et subissent un bruit infernal toute la journée. Pour la santé comme pour le climat, nous avons besoin d’aller vers une métropole plus “apaisée”. La première étape, en lien avec le développement de nouvelles lignes de transports en commun, est la transformation d’une voie dédiée au covoiturage pour favoriser un usage plus vertueux de la voiture ». 

Mais le choix de la Mairie de Paris ne fait pas l’unanimité et Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a lancé une consultation à propos de cette nouvelle voie. Elle considère que la Mairie de Paris ne devrait pas gérer la question du périphérique étant donné que cela impacte tous les Franciliens. Décidément, la guerre de la rocade est loin d’être terminée.

Vous aussi, vous pouvez donner votre avis sur consultation-periph.fr.

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