Les réseaux sociaux
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    Le créateur du « J’aime » sur Facebook compare son invention à une drogue

    De plus en plus d’ingénieurs de la Silicon Valley prennent leurs distances avec leurs propres inventions. Une réalité qui en dit long sur l’accoutumance générée par ces produits.

    C’est un article qui a fait couler beaucoup d’encre ces dix derniers jours. Le journal anglais The Guardian, à l’occasion d’une grande investigation, donnait la parole à des techniciens de la Silicon Valley à l’origine de certaines des fonctions les plus emblématiques des réseaux sociaux. Le « J’aime » et les notifications en rouge sur Facebook ou le refresh sur Twitter (en tirant la barre vers le bas) sont des gimmicks tellement puissants qu’ils ont bouleversé notre utilisation et donc notre rapport à nos réseaux sociaux préférés au point d’être repris sur toutes les plateformes.

    Économie de l’attention. Mais voilà, en même temps qu’ils ont rendu notre vie plus piquante et palpitante au gré de la pluie continue de « notifs », ces fonctionnalités ne sont pas sans aller avec leurs effets pervers. Elles nous asservissent à ces services en nous poussant à vérifier en permanence qui nous a donné son approbation du pouce, nous plongeant dans les affres de « l’économie de l’attention », comme aiment à la qualifier les spécialistes.

    Le créateur du « J’aime » a installé un code de contrôle parental pour l’empêcher de télécharger de nouvelles applis.

    J’aime plus. Résultat, les créateurs de ces fonctions révolutionnaires prennent désormais du recul par rapport à leur propre invention. C’est par exemple le cas de Justin Rosenstein, l’inventeur du fameux bouton en forme de pouce, qui nous vaut des petits frissons à toute heure du jour et de la nuit sur Facebook. Justin semble avoir eu une grande prise de conscience : les réseaux sociaux sont extrêmement nocifs. Pourquoi ? Parce qu’ils sont néfastes pour notre capacité de concentration, d’attention, d’empathie et pour notre QI, tant et si bien que ce designer a décidé de réduire son utilisation de Facebook et Reddit à la portion congrue, qu’il a supprimé Snapchat de son téléphone, et qu’il ne se fait tellement pas confiance qu’il a exigé à ses assistants de mettre un code de contrôle parental sur son smartphone de manière à l’empêcher de télécharger de nouvelles applications.

    Inscrire ses enfants dans des écoles sans ordinateurs. Justin est ainsi la tête de pont d’un mouvement de plus en plus prégnant au sein de la Silicon Valley. Il fait partie d’une frange d’ingénieurs qui s’écartent de leurs propres inventions, qui interdisent les dispositifs numériques à leurs enfants à la maison et qui les inscrivent dans des écoles sans ordinateurs. Pour résumer, c’est un peu comme si votre dealer, après vous avoir vendu de la came vous ayant rendu accro, retournait sa veste sur le mode : « Désolé mon vieux, mais en fait, j’ai eu une prise de conscience : la drogue c’est mal. » Bref, on ne doutera pas de la sincérité du propos des Justin Rosenstein, mais c’est un peu gonflé de venir pleurnicher dans les médias en réclamant l’absolution. L’économie de l’attention, ça va deux secondes… (N’hésitez pas à liker cet article sur Facebook surtout).

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