Convertir sa voiture à l'électrique : où en est le rétrofit en France ?
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Convertir sa voiture à l’électrique : où en est le rétrofit en France ?
Hilaire Picault |  28/02/2022 11:08
Convertir sa voiture à l'électrique : où en est le rétrofit en France ?

Après les startups pionnières, les constructeurs adoptent eux aussi cette technique pour convertir d’anciennes voitures thermiques à l’électricité. Un grand coup d'accélérateur pour la transition écologique et un sacré atout pour la France.

La surprise est arrivée d’Angleterre : la marque Mini a fait savoir qu’elle allait proposer le « rétrofit » à ses clients. Comprendrez : les clients peuvent désormais ramener leurs voitures pour remplacer les moteurs par un tout neuf, électrique, et son réservoir par une batterie. Un fait étonnant quand on sait que voilà encore 3 ans, la pratique était interdite en France.

Comment ça marche ? Il aura fallu attendre mars 2020 pour autoriser la modification. Le paquet de lois sur la mobilité a apporté un cadre légal au retrofit, appelé « réaménagement » dans la langue d’Alain Prost. Depuis, une quinzaine d’entreprises homologuées, réunies autour de l’association AIRe, réalisent la conversion de votre voiture. Citons Transition-One, Retrofuture ou Phoenix Mobility qui s’attaquent aux utilitaires et même Noil qui convertit les deux-roues.

L’opération ne prend que quelques heures à réaliser et coûte entre 8000 € pour une citadine et 15 000 € pour une berline grâce aux aides publiques, notamment une prime à la conversion pouvant atteindre 5000 € et diverses bonus des villes et régions.

335 € d’économies par an. La conversion reste, de ce point de vue, moins coûteuse que l’achat d’un véhicule neuf et déclenche des économies immédiates. Aymeric Libeau, le fondateur de Transition-One, estime qu’un véhicule diesel retrofité peut faire économiser 335 € par an à son propriétaire. Il est aussi possible d’acheter des véhicules d’occasion déjà transformés ; par contre la loi n’autorise pas les bricoleurs à convertir eux-même leurs véhicules.

La fin de la voiture jetable. Si le retrofit est soudain à la mode, c’est parce qu’il est urgent de réduire les émissions de carbone, pardi. A ce titre les avantages du retrofit sont doubles : vous ne rejetez aucune émission en roulant et la conversion évite l’empreinte carbone de la fabrication d’un nouveau véhicule. Sur la totalité de sa vie, une citadine convertie à l’électrique émettra 66 % de gaz à effet de serre. Ce n’est pas rien car la France reste le pays le plus diesel d’Europe avec 70 % de voitures roulant au gasoil.

Enfin, le réaménagement d’une voiture thermique en électrique lui permet de rouler au moins 10 ans de plus et évite le retraitement énergivore de nombreux déchets. Une part du parc automobile devient ainsi virtuellement « éternel » grâce à cette économie circulaire. Une opportunité quand 83 % des Français se disent prêts à changer leur mobilité pour améliorer la qualité de l’air.

La France, championne du retrofit ? Si une trentaine de pays ont déjà légiféré pour autoriser le retrofit, le cadre réglementaire français est le plus exigeant d’Europe, ce qui garantit une grande sécurité. Un atout qui permettrait à la France de rayonner auprès de ses voisins mais a ralenti son démarrage. Pourquoi ? Parce qu’après des mois d’attente la loi est entrée en vigueur… en plein confinement.

Autre lacune, les pouvoirs publics en parlent peu, contrairement aux modèles neufs électriques qui bénéficient de publicité. Résultat, la demande est bien là – sinon les constructeurs n’y viendraient pas – mais elles restent à rythme artisanal alors que retrofit pourrait exploser.

L’objectif est de convertir à l’électrique 1 % du parc automobile français en 5 ans soit 400 000 véhicules, puis 1,2 million de véhicules d’ici 10 ans.

Les constructeurs accusent la trop faible production française de batteries, empêchant de viser un public plus large. De son côté le CEO de Transition-One estime que « le secteur manque surtout d’investisseurs » car on ne peut pas « convertir 100 000 véhicules en 5 ans » sans industrialiser le processus. Sans fonds, impossible de transformer tout le secteur, alors même que des centaines de garages se montrent intéressés mais seul Phoenix Mobility a réussi une levée de fonds.

Désir d’avenir. En s’en donnant les moyens, le retrofit pourrait créer 40 000 emplois, générer 1 milliard d’euros de chiffre d’affaire avant 2025 et atteindre l’objectif d’1 million de véhicules thermiques convertis d’ici 2030. Cela tombe bien : c’est pile celui fixé par la loi Climat & Résilience votée l’an dernier.

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