Comment le coronavirus a tué le transport aérien
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Comment le coronavirus a tué le transport aérien
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LA REDACTION |  27/04/2020 11:01
Comment le coronavirus a tué le transport aérien

En deux mois, le trafic aérien mondial a diminué d’environ 90%, entrainant avec lui un lot de faillites inévitables et une remise en question totale de l’industrie : faut-il profiter que les avions soient cloués au sol pour prendre un peu de hauteur sur la situation ?

25 millions d’euros par jour. Le gouvernement volant au secours d’une compagnie aérienne, l’info a de quoi de faire sourire. Et pourtant. C’est par l’intermédiaire du ministre de l’Économie Bruno Lemaire que l’État vient d’annoncer qu’il allait « sauver Air France », actuellement en proie à de grandes difficultés en raison de l’immobilisation de toute sa flotte. Le groupe franco-néerlandais perdrait 25 millions d’euros par jour puisque seulement 5% des vols sont assurés. Conséquence : un chèque de 7 milliards d’euros pour aider l’avionneur, avec l’idée de nationalisation qui plane au-dessus de la tête du groupe…

La situation d’Air France n’est pas une exception. Partout sur la planète, des dizaines de compagnie subissent depuis mars 2020 des revers commerciaux tels qu’on estime qu’un nombre impressionnant pourrait se crasher avant même la reprise du trafic. Les raisons sont simples à comprendre : avec la majorité des terminaux bloqués en raison de la pandémie, les vols commerciaux ont été réduits au strict minimum, mais pas les charges structurelles des grandes compagnies comme Lufthansa, Air France ou Boeing ; cette dernière ayant encore récemment fait parler d’elle avec ses immenses parkings de 737 Max bloqués au sol pour une note qu’on imagine astronomique. Et si comme cela ne suffisait pas, il faudra aussi faire l’addition du « jour d’après », quand le trafic aura été rouvert mais que les clients hésiteront à deux fois avant de monter à bord, de peur d’être contaminés.

Aux États-Unis, 50 milliards devraient être alloués au secteur aérien. En Europe, les principales compagnies espèrent toucher 12,8 milliards d’aides publiques. Un chiffre qui fait déjà polémique puisqu’il doit s’accompagner selon trois ONG (Greenpeace, CarbonMarketWatch, et Transport et Environnement) de promesses environnementales. On touche là au cœur du problème : la crise qui touche l’aviation amène à totalement repenser un système dépassé : accusé non seulement d’être un pollueur monstre (cf. toutes les sorties de Greta Thunberg), l’avion se voit aussi reproché d’engloutir des subventions publiques alors même que son système de financement fonctionne sur un non sens : pour être rentable, chaque avion doit être plein. « Nous ne pouvons pas gagner d’argent avec un taux de remplissage de 66% », se lamentait récemment Michael O’Leary, PDG de RyanAir, après qu’on lui a demandé si des mesures de distanciation dans ses modèles étaient possibles. Autant dire que toutes les compagnies voient d’un très mauvais œil de laisser des fauteuils vides.

Réapprendre à voler. Derrière les drames humains engendrés par la crise, et le chômage de masse qui touche l’industrie aéronautique, un changement de mentalité semble s’esquisser. Acculés par l’association UFC-Que choisir qui leur reproche des méthodes opaques de remboursements des clients pendant la pandémie, 57 compagnies sont déjà dans le viseur pour leurs pratiques floues.

Demain, peut-être préférerons-nous le covoiturage ou le train pour des distances qu’on estimait jadis réservées à l’avion, mais d’ici là, celui-ci devra faire sa révolution. Technique d’abord, pour moins polluer et donc reconquérir les jeunes clients sensibles aux causes environnementales. Commerciales ensuite, pour en finir avec les charges et frais dissimulés. Et philosophique enfin, en accompagnant le besoin d’une mobilité plus responsable où chaque déplacement serait mûrement réfléchi.

En attendant, des sociétés comme le fabricant de sièges Aviointeriors propose déjà des solutions pour voler d’une autre manière, avec des barrières de protection entre chaque passager. Et ça aussi, c’est une nouvelle manière de concevoir nos prochaines envolées.

 

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