Les réseaux sociaux
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    La Chine veut noter tous ses citoyens dès 2020 (et c’est très inquiétant)

    Les autorités chinoises travaillent à un système d’évaluation de leurs citoyens avec des bons et des mauvais points. Si le principe se veut ludique et gratifiant, il pourrait devenir un instrument de contrôle terrifiant.

    1984. Imaginez un monde où votre accès aux services publics, à une connexion Internet ou à certains emplois soit directement corrélé à une note qui vous collerait à la peau, partout, tout le temps, exactement comme un chauffeur Uber ou un vendeur sur eBay. Pas sans rappeler un épisode de la série anglaise Black Mirror (qui met en scène des scénarios dystopiques du futur), c’est pourtant la réalité qui semble attendre les citoyens chinois.

    Noter les humains comme un taxi Uber. Depuis 2014, et de manière à exercer un meilleur contrôle sur la population, Pékin travaille à un système civique de notation des individus. Programmé pour entrer en application en 2020, le principe est limpide. Vous achetez chinois ? Bon point. Vous partagez un article honorant les performances de l’économie nationale ? Bon point. Vous traversez au rouge ? Mauvais point. Vous jouez les dissidents ou vous vous aventurez sur des sites contredisant l’idéologie officielle ? Mauvais point. Au pluriel même.

    Big Brother, Big Data. D’après des recherches conduites par Katika Kühnreich et présentées à l’occasion d’une conférence dans le cadre du Chaos Communication Congress, l’un des plus importants raouts de hackers, le système s’appuiera sur de nombreuses data déjà existantes. Elles seront notamment puisées dans le vivier sans fond des plus importants sites nationaux, que ce soit les réseaux sociaux, les moteurs de recherche, les sites de e-commerce ou de rencontre. Et de manière à faire passer la pilule plus facilement, les autorités ont imaginé un système redoutable. Celui-ci empruntera les mécanismes habituels des jeux en réseau.

    Il sera ainsi possible de connaître son score, de multiplier les bonnes actions pour l’améliorer, de le comparer avec ses amis… Cette dynamique de « crédits sociaux », qui permettra donc l’accès ou non à certains services public, et qui pourrait valoir aux « joueurs » d’être également privé d’Internet, pourrait avoir des répercussions énormes. Ainsi, le simple fait d’être ami avec un paria pourrait vous valoir de perdre des points.

    On aimerait que tout cela soit une mauvaise blague, mais c’est très sérieux. Surtout, comme le soulignait Katika Kühnreich au cours de son intervention, il convient de garder en tête que ça n’arrive pas qu’aux autres. Cette tendance au flicage et à l’évaluation des individus à travers l’exploitation des données est aussi de mise en Occident. Les emprunts bancaires, par exemple, sont parfois accordés ou non sur des critères de cet acabit. Bref, afin de ne pas devenir à notre tour des marionnettes dopées aux bonnes notes dans tous les compartiments, il va falloir être vigilant. Une affaire à surveiller de très près. Sans mauvais jeu de mot.

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