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    La Chine, championne des voitures électriques… qui polluent encore plus

    La Chine misait sur la voiture électrique pour réduire sa pollution. Pas de bol, une étude démontre qu’elle a empiré la situation en produisant plus de CO2… dans ses centrales électriques à charbon.

    La Chine est le premier pollueur du monde. Parce qu’elle émet plus de particules fines que tous les autres et parce qu’elle ne prévoit pas de réduire ses émissions avant 2030. Pourtant, elle ne fait pas rien. Bien au contraire, elle légifère et investit à tout va. Pour enlever la pollution atmosphérique, elle dresse des nettoyeurs d’air ; pour capter plus de CO2, elle développe des villes-forêts et des villes éponges pour éviter que le ruissellement des pluies (acides) pollue les sols. Géo-ingénierie à part, la Chine a mis en place des lois pour renouveler son parc automobile. Logique : moins de moteurs thermiques = moins de retombées atmosphériques. Du moins sur le papier.

    Le pays de la voiture électrique. En septembre dernier, le pays a fixé des quotas de production nationaux : 10% de véhicules propres (hybrides ou électriques) à la sortie des usines d’ici 2019. Un seuil qui sera ensuite relevé à 20% à l’horizon 2025. Et quand on sait qu’en 2017 la Chine a vendu 25 millions de véhicules, cette loi pèse dans la balance du réchauffement climatique. Ces quotas ont été combinés à des incitations à « rouler propre ». Avec succès : en 2016, il s’y vendait 392 000 voitures électriques.

    Aujourd’hui, la Chine est le premier pays acheteur de voitures électriques au monde.

    Pourtant, cette masse de véhicules sans rejet ne suffit pas à assainir l’air. C’est même l’inverse : chaque voiture a besoin d’être rechargée donc d’une production électrique massive. Or celle-ci provient encore majoritairement de centrales thermiques, bien fumeuses.

    Recharger lentement pour recharger propre. Des chercheurs d’Harvard et la prestigieuse université Tsinghua à Pékin ont épluché les habitudes des conducteurs et les chiffres de production énergétique. Leur conclusion est qu’en rechargeant tous aux mêmes heures et le plus vite possible, les automobilistes créent des pics de consommation énergétique qui accentuent la pression sur les centrales. La production d’énergie renouvelable, minoritaire, étant insuffisante, elles se rabattent sur le mode le plus rentable mais le plus polluant : le charbon.

    « Si les gens attendaient le soir et rechargeaient leur véhicule en plusieurs heures, explique un des auteurs de l’étude, Chris P. Nielsen, la recharge énergétique tirerait profit de l’énergie éolienne disponible. » Dans la même ordre d’idée, l’étude suggère d’inciter les automobilistes à recharger aux heures creuses (tard le soir, ou en journée sur leur lieu de travail). Autre option à envisager : miser sur les transports en communs qui font bien plus de kilomètres. La mise en place de bus propres réduirait les émissions d’oxyde d’azote. Et pas qu’un peu : on recense près de 30 000 bus à Pékin qui, associés aux taxis, polluent autant que les 8,2 millions de voitures individuelles.

    Conclusion, si vous voulez changer l’air qu’on respire, vous avez moins besoin d’une prime pour acheter une voiture électrique que d’installer une éolienne ou un parc solaire personnel…

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