
Nommé le Polar Pod, le drôle de navire bourré de capteurs de Jean-Louis Étienne devrait faire deux fois le tour du cercle polaire dès 2023.
Imaginez une sorte de gigantesque bouée bardée de capteurs, d’abord tractée par un remorqueur à l’horizontale jusque dans l’Antarctique, pour être ensuite mise à la verticale et atteindre une profondeur de 80 mètres grâce à des ballasts. Le tout pour recueillir, pendant plusieurs années, des données nécessaires à la sauvegarde des pôles.
C’est ce pari complètement fou que l’explorateur Jean-Louis Étienne s’apprête à mettre en pratique avec le Polar Pod, une machine tout droit sortie des films de science-fiction les plus imaginatifs. Dès 2023, le “navire vertical”, sans coque ni moteur, et muni d’un lest de 150 tonnes pour le maintenir à la bonne profondeur, dérivera autour du cercle polaire antarctique. Deux tours complets de ce “monde de glace” sont prévus.
Vertical Limit. CO2, climat, écosystèmes, réserve de biodiversité… Le cercle polaire sera alors étudié dans les moindres détails et recoins, afin de récolter un maximum de données. Car il faut savoir que les missions actuelles ne couvrent que d’infime parties de cet immense territoire, voire uniquement la surface de l’océan lorsque les relevés sont effectués par satellite.
L’expédition sera menée par Jean-Louis Étienne, accompagné de scientifiques du CNRS, du Cnes et de l’Ifremer. En effet, le Polar Pod, alimenté par des éoliennes et des batteries au lithium-on, pourra embarquer sept personnes à bord (trois marins et quatre scientifiques à la fois, qui se relaieront pour des périodes de trois mois).
Une capacité humaine limitée, destinée à faire de la place aux centaines de capteurs voués à recueillir les échanges entre atmosphère et océan, mais aussi des données acoustiques, un inventaire de la biodiversité, des mesures d’anthropocène… Enfin, l’expédition espère générer une prise de conscience en réalisant documentaires et autres expositions liées à cette aventure hors-norme.
Plus d’infos sur l’expédition ici.