Ces militantes écartent les jambes dans le métro pour dire NON au "manspreading"
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Ces militantes écartent les jambes dans le métro pour dire NON au “manspreading”
Robin Ecoeur |  01/03/2021 15:39
Ces militantes écartent les jambes dans le métro pour dire NON au "manspreading"

Elena Buscaino et Mina Bonakdar, étudiantes et militantes féministes à Berlin, sont les fondatrices du Riot pant project, un mouvement pour lutter contre l’étalement masculin dans les transports en commun en écartant les jambes. C’est ce qu’on appelle le « manspreading ». Et ça ne peut plus durer.

« Give us space ». En 2008, selon l’Oxford Dictionnary,  le terme de « manspreading » apparaît aux États-Unis. Il désigne une pratique que les hommes font : écarter les jambes dans le métro, et occuper trop de place. Petit à petit, à coup de campagnes sur Internet ou dans le métro (à New York en 2014 avec « Dude, stop the spread » ou encore à Madrid en 2017 où les usagers s’exposent maintenant à une amende en cas de flagrant délit), les femmes réussissent à faire passer le message. Mais est-ce suffisant pour lutter contre ce comportement ? Visiblement, non.

Alors pour continuer le combat (car oui, il faut se battre pour se faire entendre), deux étudiantes en design à Berlin, Elena Buscaino et Mina Bonakdar, ont créé le mouvement « Riot pant project ». Le principe : vous leur envoyez un pantalon, et elles s’occupent de coller trois inscriptions au choix dessus : « Stop spreading » (Arrêtez de vous étaler), « Give us space » (Donnez-nous de l’espace) et « Toxic masculinity » (Masculinité toxique). À vous, ensuite, de le porter dans le métro.

 

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Réfléchir sur ce comportement. Le 5 février dernier, les deux militantes ont été photographiées dans le métro berlinois avec leurs pantalons customisés, et ont profité de l’attention des médias pour défendre leurs actions : « Ce n’est que par l’imitation que l’interlocuteur comprend l’effet que produit son comportement », raconte Elena Buscaino à lAFP. C’est pourquoi elles écartent ostensiblement les jambes, pour montrer ce que ça fait, mais aussi pour dévoiler les fameuses inscriptions. Si les usagers oscillent entre irritation et curiosité, les militantes savent qu’elles obtiennent des réactions, et donnent ainsi matière à réfléchir. C’est là l’objectif du mouvement : amener à une réflexion plus globale sur la domination masculine et le partage de l’espace.

Pas beaucoup de changement. Si, Pour Mina Bonakdar, le fait de porter ce pantalon permet aux femmes de « se sentir plus fortes et gagner en confiance », les mentalités peinent à évoluer dans le bon sens. « Très peu changent leur posture sur l’instant », estime Elena Buscaino. En résumé, les hommes ne prendraient pas véritablement conscience du problème, et continueraient à occuper l’espace. Un problème qui persiste, et qui aura sans doute du mal à s’effacer sans actions concrètes et politiques contre cette pratique. Des campagnes peuvent sensibiliser et faire réagir, mais seules des vraies mesures pourront réellement faire changer la donne.

En attendant que d’autres villes, comme à Madrid, taclent réellement le sujet à la gorge, les militantes continuent d’attirer l’attention en adoptant les mêmes comportements que les hommes, portées par des convictions égalitaires. En espérant que les débats suscités par leur engagement aboutissent à la fin du « manspreading ». 

Crédit photo : Hanko Ye pour le Riot Pant Project

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