
À Schaerbeek, un quartier de la capitale belge, la sensibilisation à la délinquance routière s’exerce avec une spécialité locale : des femmes dans les vitrines. Et fort heureusement, ça ne plait pas à tout le monde.
Zone chaude. Des accidents à répétition : c’est le quotidien des habitants de ce secteur qui a connu, selon RTL, de nombreux incidents routiers depuis plus d’un an. Récemment, mi-juin, une adolescente de 14 ans a été renversée par une voiture et hospitalisée. En réaction, Mortierbrigade, une agence de communication voisine et témoin des excès de vitesse, a pris une initiative peu orthodoxe : l’affichage d’une fausse devanture de “belles de jour”.
Une solution qui coule de source, selon le directeur de l’agence qui confie à RTL : “Nous avons simplement constaté qu’une des rues où les conducteurs roulaient le plus lentement est la rue d’Aerschot [rue connue pour ses vitrines de prostitution, ndlr], pour les raisons que vous connaissez. Il nous semblait donc naturel d’agir à notre façon. »

Un mauvais plan A3. La bâche installée dans la rue entend intriguer les conducteurs et attirer leur regard. Les trois femmes de l’affiche, aux poses lascives, éclairées par des néons rouges, rappellent les vitrines des salons de prostitution légaux en Belgique. Sous les talons des femmes, une inscription en français et en flamand : « Voici comment faire ralentir les hommes. » Une façon de happer les gens de très mauvais goût qui rappelle que la situation des travailleuses du sexe a encore bien peu évolué dans le plat pays. 80% des prostituées sont encore exploitées, selon l’association Isala qui agit sur les causes et conséquences de la prostitution en Belgique.
Excellent work by @mortierbrigade … Visuel de prostituées pour ralentir les voitures: «Ce n’est pas acceptable», dénoncent les autorités de Schaerbeek | Bruxelles https://t.co/HxT48lhzVV via @lesoir
— Derayed (@derayed) June 16, 2019
Tous responsables. Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Pour l’échevine Sihame Haddiou, (élue adjointe au maire) chargée de l’égalité des genres, il est regrettable de mettre en scène une violence pour la remplacer par une autre. Suite à cela, l’affiche a été retirée, à raison, quelques jours après son installation. Face aux dangers de la route, toutes les solutions ne sont pas bonnes à prendre.
Crédit photo de une : La Capitale.be