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Robin Ecoeur |  21/09/2022 13:00
Avec son asso, cette Française veut inciter les femmes à se mettre au vélo

Ophélie Laffuge, 37 ans, vit dans la métropole lyonnaise. Cette vélo-taffeuse, qui se déplace uniquement en vélo électrique, a créé au printemps 2021 la communauté Beyond My Bike pour parler de son quotidien à deux-roues, mais aussi pour inciter plus de femmes à se mettre en selle. Et pour y arriver, elle milite aussi pour une féminisation du secteur. Elle nous explique.

Ophélie, pourquoi avoir créé Beyond My Bike ?

Je suis une vélo-taffeuse depuis quelques années, et je suis passée au vélo électrique il y a trois ans. Ça m’a fait basculer dans ma pratique : l’arrivée du vélo électrique a fait que j’ai complètement arrêté les transport en commun. Ça a impacté mon mode de vie et je suis devenue une « ambassadrice » entre guillemet du vélo. Par ailleurs, j’ai toujours été intéressée par les sujets qui concernent la place des femmes dans la société et l’espace public. J’ai relié les deux sujets. J’ai créé un compte Instagram Beyond My Bike au printemps 2021 pour partager mon quotidien et échanger avec d’autres femmes qui se déplacent à vélo ou qui ont des interrogations sur cette pratique.

Quelles sont les problématiques auxquelles les femmes sont confrontées dans la pratique du vélo ?

La première est en termes d’équipements. Quand je cherchais des capes de pluie, des sacoches, etc, je me suis confrontée à la réalité des magasins avec essentiellement des rayons et des accessoires masculins. Il faut des vêtements adaptés à la morphologie des femmes, avec des tailles qui correspondent. Il y a aussi les selles qui ne sont pas adaptées aux morphologies des femmes. On ne peut pas juste prendre un vélo homme et dire à une femme : vas-y, roule.
Ensuite, le frein le plus identifié à la non-pratique du vélo, c’est la qualité des aménagements cyclables. C’est la raison numéro un : de nombreuses femmes ne se sentent pas en sécurité. Il faut par exemple des voies séparées des usagers motorisés. Le meilleur indicateur d’un bon aménagement cyclable, c’est sa proportion de femmes et d’enfants qui l’utilise.

Même si on se dit qu’on va apporter le vélo en magasin pour le faire réparer, on est souvent accueillies par des hommes et il y a des expériences rapportées de la part de femmes qui se sont pas à l’aise“.

Enfin, d’un point de vue mécanique, il y a encore la peur de la crevaison et de ne pas savoir entretenir son vélo. On le remarque plus souvent chez les femmes, car socialement, les hommes se débrouillent mieux en mécanique. Ce sont des choses que les femmes n’apprennent pas quand elles sont adolescentes. Même si on se dit qu’on va apporter le vélo en magasin, on est souvent accueillies par des hommes et il y a des expériences rapportées de la part de femmes qui se sont pas à l’aise, qui se sentent jugées quand elles n’y connaissent rien, etc. Ces situations arrivent encore aujourd’hui, et c’est un problème.

Il y a donc des aspects techniques, mais certains sont liés à la sociologie ?

Il y a eu une thèse sur la différence entre les garçons et les filles par rapport au vélo. Les garçons sont encouragés dès qu’ils sont jeunes à aller explorer à vélo, seul ou avec les copains. Les filles, on va leur dire de faire attention, que c’est dangereux. Elles restent au domicile ou autour de la maison. Arrivés à l’âge adulte, les garçons sont habitués à rouler seul, à se débrouiller, à évoluer à vélo dans un milieu urbain. À l’inverse, on a des femmes qui ont arrêté de faire du vélo pendant plusieurs années et qui ne sont pas familiarisées avec cet environnement. Il y a un écart qui se crée à partir de l’adolescence et ça se ressent ensuite.

Comment, Beyond My Bike, vous incitez les femmes à faire du vélo ?

La mission, c’est d’accompagner les femmes dans leur pratique. J’ai fait le choix sur les réseaux sociaux de communiquer sur une pratique plaisir et de ne pas me focaliser sur les difficultés qu’on rencontre (difficulté face aux usagers motorisés, face aux mauvais aménagements, etc.). Je veux montrer que le vélo est accessible. J’ai mis en ligne un guide gratuit d’une quarantaine de pages dans lequel j’explique les bonnes pratiques, les bons équipements, la sécurité, etc.

On a aussi mis en place un premier atelier au mois de juin à Lyon. 15 femmes sont venues se former à la mécanique dans un atelier. On était sur un premier niveau de mécanique, mais cela correspondait aux besoins des filles présentes. On a appris à vérifier la pression des pneus, à entretenir sa chaîne, l’entretien, etc. Il y aura un deuxième atelier en octobre à Lyon.

Quelles sont vos ambitions par rapport au vélo en France ?

Amsterdam ou Copenhague sont des villes exemplaires pour le vélo. Il y généralement plus de femmes qui roulent que d’hommes (45% d’hommes et 55% de femmes). C’est lié aux infrastructures et la culture vélo, c’est-à-dire que dès le plus jeune âge, on apprend aux enfants à se déplacer à vélo, on leur apprend les bonnes pratiques, la sécurité, à se déplacer en milieu urbain, etc. L’éducation des enfants est un axe nécessaire.

Dans les déplacements urbains en France, et même s’il est difficile d’avoir des chiffres par genre concernant la pratique du vélo, les comptages qui sont faits montrent un ratio de 40% de femmes et 60% d’hommes. Ce n’est pas si mal, avant on était plus sur du 70% – 30%. L’arrivée du vélo électrique a joué un rôle dans cette évolution. Enfin, je suis convaincue qu’on aura plus de femmes à vélo quand il y aura une féminisation des métiers du cycle. Il faut plus de femmes qui travaillent dans ce secteur, que ce soit dans les aménagements, mais aussi dans les équipes, à la conception, à la promotion. Ça passera par là, aussi.

Crédits photos : @BeyondMyBike // Plus d’infos par ici.

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