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    Avec les Makers de Burning Man

    De Oakland au désert de Black Rock

    Burning Man, c’est parti. Des dizaines de milliers de personnes, artistes, hippies, geeks, banquiers, branchés, déjantés sont attendus dans le désert de Black Rock au Nevada où s’ouvre le magique festival de tous les extrêmes. Nous avons fait le voyage avec les makers d’Oakland, là où tout se prépare. Reportage avec un maker.

    J-4. Des nuits comme des jours : éveillés. C’est le rush à l’American Steel, l’un des plus vastes Maker Space au monde. C’est ici, dans cet entrepôt gigantesque posé à Oakland que se prépare Burning Man depuis toujours. Je n’ai jamais rien vu de semblable à cet endroit.

    Les premiers makers se sont installés à Oakland il y a une dizaine d’années. Entre Berkeley l’intellectuelle et la prospère San Francisco. Pas loin de la Silicon Valley. Maintenant, la ville rassemble la plus vaste communauté de Burners au monde. Ces jours-ci, ils sont tous là, occupés à souder, à finir les sculptures et les oeuvres monumentales, qui doivent rejoindre le désert de Black Rock, au Nevada pour le Burning man 2016. Tout le monde fabrique quelque chose, des bijoux, des installations artistiques, des tiny house, des robots…

    Les Figures de Burning Man

    Je vis au milieu de gens formidables. Combien sont-ils dans le monde ? Je ne sais pas. Mais des milliers, des centaines de milliers. Qui forment une élite, éduquée, qui donne du temps pour réparer les méfaits de la surconsommation. Comme dans le projet Box House. On transforme des containers pour en faire des tiny house, des mini maisons vraiment viables. Vu de loin, c’est assez rustique. Même si la plupart des makers sont des ingénieurs, des développeurs, des designers, qui bossent en free lance. C’est un monde riche et désargenté tout à la fois. On y croise pas mal de « Clochards célestes ». Là, je vis dans un container assez basique. Mais on teste des lumières, on installe des fenêtres, des objets connectés. On prototype une maison qui permettra de se loger moins cher. De rendre une vie plus fluide possible tandis qu’Oakland se gentrifie et que les prix de l’immobilier grimpent.

    Des Makers, du hip-hop, des steam punks et des artistes

    Depuis quelques années, Oakland voit arriver des hipsters et de plus en plus d’artistes attirés par la pulsion, l’énergie de la ville. L’American Steel est devenu un haut lieu culturel et abrite des projets oniriques assez fous. Des makers qui façonnent eux-même leurs rêves, qui mettent les mains dans le cambouis. La perceuse est aussi importante que le stylo. Et si la ligne d’horizon est le futur, le mouvement maker a quelque chose d’ancré. Parce qu’il est concret. Il rassemble des artistes venus de tous les pays. L’indienne Suleman Shilo s’est installée àSuleman Shilo s’est installée à l’American Steel.

    Elle a inventé le projet Pulse and Bloom Flowers. Des fleurs géantes qui s’ouvrent à la lumière du soir et prennent la couleur d’or du ciel. Dans le désert de Burning Man, on vient chiller sous le spectacle assez fou de ces fleurs futuristes.

    Les tribus de OAKLAND inspirent Burning Man

    La ville réunit des puissantes tribus de makers qui se mélangent à toute sorte de créatifs. La nuit est un voyage ici. Entre les vieilles Cadillac, les workers, les militants de #blacklivesmatter et les artistes. On y croise des êtres entièrement customisés, vêtus de Led ou en style Cosplay inspiré des mangas. C’est aussi un haut lieu de la culture Steam Punk. C’est un style de vie qui représente l’époque victorienne, les débuts de l’industrie, de la pollution. Les adeptes empruntent des symboles, des objets liés aux machines, à l’horlogerie mais plutôt pour rejouer l’histoire et remettre la nature au centre. Et on retrouve dans les dunes, ces personnages qui semblent sortis de Mad Max.

    Burning Man et la culture Maker
    A l’origine Burning Man, est une réunion de jeunes utopistes qui critiquent la société de surconsommation. Mais sans adhérer à l’idéologie d’un parti. La désillusion est déjà passée par là. Les burners se tournent directement vers l’action, à leur échelle. On est en 1986, l’année de ma naissance. Ces makers se réclament de la « Cacophonie society » ou bien du « Suicide club ». Dans ces club de pensée artistique, on entend provoquer les consciences par des actions qui frappent les esprits dans l’espace public. C’est le début des flash mob. Comme ces réunions de pères Noël souvent un peu éméchés qui rassemblent des milliers de personnes habillées en rouge. C’est absurde, mais c’est drôle. On y retrouve l’esprit de Burning Man. A la confluence entre l’utopie, l’art, la bidouille, le bricolage et les délires…


    Cette année Burning Man est plus maker que jamais avec son thème : l’atelier de Da Vinci

    Comme au temps de l’atelier de Vinci à Florence où transpirait une sorte de mouvement transdisciplinaire mettant à l’honneur les sciences et la philosophie ainsi que l’art et l’artisanat, Burning Man s’inspire de cette période pour l’adapter à notre époque. Vivons-nous une nouvelle renaissance ? La démocratisation des technologies et le partage du savoir deviennent via les réseaux sociaux une nouvelle forme d’intelligence collective. Il est de plus en plus en facile de prototyper n’importe quoi à faible coût. La biologie, les neurosciences, la génomique qui se développent dans les labos mais aussi hors les murs de l’université, dans les fab lab et les hackers space vont façonner les 10 ans à venir.

    Et maintenant ?

    Les premiers makers sont arrivés ce week-end pour installer leurs campements. Tout est calme encore. Je prends des photos avant la tempête. Avec les pionniers du mouvement.

    Comme toujours, on n’échappe pas au risque de banalisation des mouvements créatifs. Je ne suis pas totalement crédule sur ce qu’est devenu Burning Man au fil des ans : même Paris Hilton ou Skrylex viennent en Jet privé passer la journée à jouer sur différents chars. Mais on trouve toujours dans les dunes, l’utopie des débuts. Avec ces campements qu’il faut entièrement monter pour quelques jours. Pour 70.000 personnes. Comme une ville de rêve. Qui ne laisse aucun déchet. Qui fonctionne sur le don, le partage, et l’envie de repousser les limites. Et surtout Burning Man se renouvelle.
    Le festival vient d’acheter une gigantesque ferme dans le désert du Nevada, Le Fly Ranch, pour faire vivre toute l’année ses idées. Pour connecter tout les savoirs et s’appuyer sur le collectif pour créer un village global utopique. Pour l’instant, ce n’est que sur le papier, mais le lieu et l’envie sont là..

    Burning Man 2016….c’est parti

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