La Seine bientôt potable grâce à un nouveau filtre à pollution
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La Seine bientôt potable grâce à un nouveau filtre à pollution
Hilaire Picault |  26.02.2018
La Seine bientôt potable grâce à un nouveau filtre à pollution

Peut-être enfin une bonne raison d'aller se balader en maillot sur les quais de Seine d'Anne Hidalgo.

Sans filtre. Crue ou pas, vous vous en doutiez, la Seine est polluée. L’association Mal de Seine y recensait en 2013 des milliers de cotons-tiges, des centaines de bâtons de sucette, mais aussi des seringues et des préservatifs. La Mairie de Paris reconnaît aussi que selon les pluies on peut y trouver certaines bactéries et polluants malgré l’efficacité des stations d’épuration. À Sydney, le port est au moins aussi sale, avec des taux de bactéries entérocoques bien plus hauts que la moyenne. L’équipe de chercheurs du CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation) a trouvé un moyen quasi miraculeux pour nettoyer ses eaux : un filtre exploitant du graphène.

Eau précieuse. Il s’agit d’un film de “Graphair”, un nouveau matériau qui laisse passer l’eau mais dont les canaux microscopiques retiennent les polluants. « Ce que nous avons démontré, c’est qu’il agit comme un filtre parfait qui absorbe les sels, les huiles, les produits chimiques et encore d’autres polluants », résumait en janvier le Professeur Dong Han Seo, sans manquer de fanfaronner un peu. Mais on le comprend : les échantillons d’eau portuaire prélevés étaient absolument purs dès le premier passage à travers ce filtre. De plus, à l’issu des tests, la nano couche de graphite du filtre n’était obstruée ni par les molécules, ni les par les particules piégées, continuant à faire son devoir une fois sale.

Purifier les eaux. Quand on sait que deux milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau courante ou potable, on imagine le potentiel de l’affaire. D’autant que le Graphair est assez facile à produire : il n’a nécessité ni substrats métalliques (comme pour le graphène), ni de manipulation chimique gourmande en énergie. Si l’on en croit l’étude publiée dans la revue Nature, le labo a exploité une huile de soja. Il sera donc aisé et peu coûteux d’en concevoir des quantités importantes.

Les tests seront étendus au reste du monde l’an prochain, il ne reste au CSIRO qu’à trouver une industrie volontaire pour concevoir des systèmes de filtrage exploitant ce film, par exemple des nasses flottantes pour éponger ou des tamis rétenteurs disposés sur les cours d’eau de nos capitales. « Tout ce qu’il nous faut c’est de la chaleur, notre graphène, un filtre à membrane et une petite pompe hydraulique. » C’est Mme Hidalgo qui sera contente de remplacer les promenades le long des voies sur berges par des couloirs de natation.

 

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