Après Total, le géant BP dit aussi adieu au pétrole
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LA REDACTION |  25/08/2020 19:17
Après Total, le géant BP dit aussi adieu au pétrole

Pour la multinationale BP (anciennement British Petroleum), le pétrole c'est bientôt fini. Rendez-vous dans 10 ans, comme disait l'autre.

« 120 000 tonnes de pétrole brut. 120 000 tonnes dans le Torrey Canyon. » Si vous êtes un tant soit peu mélomane, ces deux phrases doivent vous parler : on les doit à Serge Gainsbourg. En 1967, il sera le premier à écrire un titre (Torrey Canyon) dédié aux marées noires. Le pétrolier échoué avec sa cargaison était affrété par… British Petroleum. En 2010, bis repetita avec le drame de Deepwater Horizon, une plateforme pétrolière de BP à l’origine de l’une des pires marées noires de tous les temps et qui, économiquement parlant, va également faire beaucoup de mal à la compagnie anglaise. Dix ans plus tard, c’est finalement la pandémie de COVID-19 qui va convaincre l’un des poids lourds de l’énergie fossile d’en finir avec ce que l’on appelait “l’or noir”. Rien qu’au deuxième trimestre 2020, BP a perdu 16,8 milliards de dollars. De quoi, comme Total récemment, changer son fusil d’épaule.

Ne l’appelez plus “groupe pétrolier”. Désormais, BP se définit comme un groupe énergétique et assume de tourner définitivement la page du pétrole avec, pour objectif, d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Sauf que 2050, c’est loin. Alors BP surferait-il comme tant d’autres sur la vague verte afin de se racheter une éthique ? Peut-être, mais pas que. Le groupe l’a annoncé cet été, il souhaite réduire sa production pétrolière de 40% d’ici 2030. Soit l’équivalent d’un million de barils en moins chaque jour.

Ruiné par la crise qui touche actuellement le secteur (l’immobilisation de la planète pousse le prix du baril trop bas pour que les compagnies restent rentables), BP souhaite investir massivement dans les énergies renouvelables, quitte à se mettre ses actionnaires à dos ; ces derniers ont déjà vu leurs dividendes divisés par deux plus tôt en 2020. Parallèlement, le groupe envisagerait de quitter des terres riches en pétrole comme l’Irak ou l’Azerbaïdjan, et profiter de la revente des infrastructures (25 milliards de dollars au total) pour occuper le terrain solaire ou éolien.

Bernard Looney, nouvel homme fort de BP, va dans le même sens avec ses déclarations en interne : “BP n’a plus besoin de l’exploration pétrolière pour financer sa croissance.”

Le tout appuyé par les propos de Helge Lund, dirigeant de BP : “Les marchés de l’énergie sont en train de changer fondamentalement, évoluant vers une faible émission de carbone, motivés par les attentes de la société, la technologie et les changements dans les préférences des consommateurs. […] Nous sommes convaincus que les décisions que nous avons prises et la stratégie que nous définissons aujourd’hui conviennent à BP, à nos actionnaires et à la société au sens large.” Un sacré changement pour l’une des entreprises les plus détestées du début des années 2010 et qui augure d’un monde dans lequel nos enfants pourraient bien grandir sans pompe à essence. Étonnamment, l’une des rares conséquences positives dues au COVID-19. Reste à voir si les actionnaires du groupe se sentiront pousser des ailes comme Nicolas Hulot en découvrant les futurs bilans de BP, longtemps surnommé “Bad Pollution”.

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