Anne Hidalgo veut-elle vraiment réduire la vitesse à 110 km/h sur l'autoroute ?
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Anne Hidalgo veut-elle vraiment réduire la vitesse à 110 km/h sur l’autoroute ?
Servan Le Janne |  06/10/2021 16:37
Anne Hidalgo veut-elle vraiment réduire la vitesse à 110 km/h sur l'autoroute ?

La candidate socialiste à la présidentielle veut mettre un coup de frein à la mortalité et à la pollution sur les grands axes. Quitte à se faire des queues de poisson à elle-même.

On ne peut pas dire qu’Anne Hidalgo affole les radars sur la route de la présidentielle. Créditée de 5,5 % des intentions de vote par un sondage Ipsos Sopra-Steria publié début octobre, encalminée comme jamais, la candidate du Parti socialiste n’est pourtant pas en panne d’idées. Pour elle, il est urgent de ralentir. « Je suis personnellement pour la baisse de la vitesse, 130 km/h c’est beaucoup », a affirmé la maire de Paris sur RMC, avant de se lancer dans une laborieuse valse-hésitation.

Mardi 21 septembre, Anne Hidalgo vendait son livre-programme Une femme française au micro de Jean-Jacques Bourdin. « À propos d’écologie », l’a apostrophé le journaliste dans un sourire : « si vous êtes présidente de la République, est-ce que la vitesse sur autoroute passera à 110 km/h ? » Favorable à une « concertation » sur le sujet, son invitée s’est refusée à prendre une décision « au niveau national », alors même que c’est le code de la route qui limite la vitesse sur autoroute, et les préfets qui font appliquer la règle.

« Je suis personnellement pour la baisse de la vitesse130 km/h c’est beaucoup », a cependant tenu à ajouter Hidalgo, sans consentir à prôner un plafond de 110 km/h. Pressée de préciser sa pensée, l’impétrante a fini par lâcher une merveilleuse évidence : « Je suis favorable à ce qu’il y ait surtout moins d’accidents. » C’est dans cet objectif, ayant constaté que « la vitesse est la première cause des accidents mortels en France (31 %) », que le gouvernement avait fait reculer la vitesse maximale autorisée sur les routes nationales de 90 à 80 km/h en juillet 2018. Il a depuis autorisé les Départements à faire marche arrière sur certaines portions.

La mesure avait alimenté le mouvement de contestation des Gilets jaunes, auquel devait notamment répondre une Convention citoyenne pour le climat. Ironie de l’histoire, cette assemblée a recommandé, en juin 2020, de remplacer les panneaux 130 par des panneaux 110 sur les autoroutes, afin de réduire de « 20 % les émissions de gaz à effet de serre en moyenne ». Et ça n’avait pas provoqué que des cris de joie. « La baisse de la vitesse sur les autoroutes ne permettrait ni une amélioration de la sécurité des usagers, ni une réduction des émissions polluantes », rétorquait l’association 40 Millions de consommateurs dans une pétition baptisée « Non aux 110 km/h sur autoroute ».

En 2020, 74 % des Français interrogés refusaient d’aller moins vite.

Guidé par un sondage Odoxa de juin 2020 indiquant que 74 % des Français n’entendaient pas réduire leur allure, Emmanuel Macron avait écarté cette recommandation de la Convention citoyenne. Il avait aussi pour lui une étude de 2018 du Commissariat général au développement durable (CGDD). Selon ses calculs, pareille réforme devrait faire chuter les rejets de CO2 de 0,9 millions de tonnes par an, soit une embellie de 4 millions d’euros. Or, dans le même temps, le ralentissement coûterait 900 millions d’euros pour, attention cynisme, 48 millions d’économie en accidents évités.

C’est sans doute ce qui explique l’attitude louvoyante d’Anne Hidalgo, réticente à annoncer sa feuille de route de peur de se retrouver en rase campagne. Elle « est favorable à une baisse de la vitesse pour des raisons de sécurité et écologiques, mais elle ne propose pas de passer la vitesse à 110 km/h sur autoroute », a cherché à recadrer un proche après coup dans les colonnes de Ouest France. Fin août, l’édile s’était montrée moins hésitante pour interdire de dépasser les 30 km/h sur la majorité des voies parisiennes. Il faut dire qu’à en croire des études menées par la Ville, les habitants de la capitale y sont favorables. Pour les autoroutes, où la vitesse est limitée à 130 km/h depuis novembre 1974, rien n’est moins sûr.

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