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    Ces anciens délinquants ont transformé une prison en ferme

    Métamorphoser des délinquants juvéniles en paysans pour leur éviter de finir derrière les barreaux, voilà le pari fou du projet « Growing Change ». Ça se passe depuis cinq ans en Caroline du Nord et son fondateur, Noran Sanford, nous a tout expliqué.

    Prison is the new ferme. Il y a une quinzaine d’années, Noran Sanford est revenu à Laurinburg, sa ville d’enfance, pour aider sa maman, malade d’Alzheimer. Quitte à se réinstaller, autant s’impliquer à fond localement. « Je travaillais avec des jeunes en difficulté, tous passés par le système carcéral juvénile. Je voulais les aider à s’en sortir et à devenir des figures positives dans leur communauté, nous raconte cet universitaire et activiste, aujourd’hui âgé de 50 ans. Et c‘est là que je me suis rendu compte qu’il y avait cinq prisons abandonnées dans un rayon de 80 kilomètres… »

    Une intuition : et si la prison voisine de Wagram servait à une expérimentation unique ? À savoir réunir douze garçons en difficulté et transformer une prison en ferme ? Bingo : Growing Change était née !

    Six ans plus tard. Terrence Smith 21 ans, se tient à côté de Noran. Il rejoint son mentor dans le projet. Pas de langue de bois avec lui. « Adolescent, je faisais pas mal de conneries. Je me suis retrouvé en prison pour mineurs. À ma sortie, Noran m’a proposé de développer la ferme avec lui, de m’offrir de quoi manger aussi. J’ai été tout de suite convaincu. » Noran lui emboîte le pas : « Ces jeunes étaient en sursis et s’étaient souvent fait expulser de chez eux. L’idée était qu’on bâtisse une famille, tout en leur assurant de quoi manger. »

    92% des anciens délinquants ne repassent pas par la case prison

    Au fur et à mesure des années, les garçons ont tous développé des spécialités. Terrence est ainsi devenu un expert du vermicompost. Il encadre aussi volontiers des ateliers éducatifs en convoquant Michel Foucault et son célèbre ouvrage Surveiller et punir. La prison possède aussi une serre hydroponique où l’on fait pousser des salades et des légumes destinés à être vendus aux restaurants et commerces du coin. « Les tomates et les poivrons viennent juste d’être plantés », s’enorgueillit Noran. À terme, le lieu accueillera aussi des chèvres et des moutons.

    Le programme a démontré son efficacité. 92% des garçons ont déjoué les pronostiques en ne retournant pas en prison. « Notre initiative intéresse de plus en plus de gens aux États-Unis et partout dans le monde. Nous avons même été étudiés par le MIT. Il permet de faire des économies énormes : un jeune dans le système carcéral juvénile coûte environ 100 000 dollars par an. Or la rénovation de la prison et notre programme ne vont pas coûter plus de 250 000 dollars sur les deux ans à venir. » Le calcul est vite fait…

    « Sans doute le premier endroit au monde où l’on pourra faire de l’escalade sur un mirador de prison » (Noran Sanford)

    Après la phase de cinq ans d’expérimentation, Growing Change ouvrira en septembre au public et deviendra un pilier de cette communauté de Caroline du Nord. Noran n’en est pas peu fier. En plus des jeunes engagés dans le programme, des vétérans de retour d’Irak ou d’Afghanistan participeront au développement. « Il y aura des jardins communautaires. Surtout, ce sera ouvert à tous les jeunes du coin, pas besoin d’être délinquant ! Il y aura possibilité de venir découvrir la production agricole, apprendre des techniques comme le vermicompost et aussi s’amuser : ce sera sans doute le premier endroit au monde où l’on pourra faire de l’escalade sur un mirador de prison », se marre Noran. Fin mai, Noran et Terrence ont fait une mini journée portes ouvertes avant la grande ouverture de septembre prochain. « On attendait 50 ou 60 personnes, sourit Noran… On en a plus de 200, c’était génial ! » À l’image de cette aventure extraordinaire, en fait.

    growingchange.org

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