Les réseaux sociaux
  • Oops! Aucun résultat

    Alexander Finch

    Travailleur de l’extrême en Antartique : recruté pour survivre par -50° et étudier le climat

    detours-itv-ingenieur-antarctique8

    Barbe rousse hirsute, dégaine de baroudeur, difficile de passer à côté d’Alexander Finch. Même son nom sonne comme celui d’un explorateur ! Et ce n’est pas que de l’affichage, le bougre s’est aventuré 15 mois en Antarctique pour le British Antarctic Survey (BAS) en tant qu’ingénieur satellite-aérospatial. Il raconte à Detours, ses aventures glaciales pour le climat. Partie de foot sur glace, pingouins et aurore australe, Alexander vous donne les tips pour survivre.

    Comment on se débrouille pour décrocher un job en Antarctique ?

    J’ai tout simplement répondu à une offre d’emploi sur Internet ! J’ai reçu un coup de téléphone 6 mois plus tard, passé un entretien Skype et j’étais pris !

    Il y a un manuel pour apprendre à travailler en Antarctique ?

    Nous avons eu trois mois d’entraînement à Cambridge : la moitié pour se préparer à vivre dans un environnement glacial (en théorie) et l’autre moitié pour se préparer au travail réel que j’allais effectuer sur place.

    • detours-itv-ingenieur-antarctiqueEn Antarctique, la planète Hoth de Star Wars – l’Empire Contre-Attaque, c’est du réel.

    Quel a été ton périple pour te rendre sur place ?

    En 2014, je me suis envolé de Londres jusqu’à Cape Town en Afrique du Sud. Là-bas, je me suis embarqué avec les 50 personnes de l’expédition sur un brise-glace : le RSS Earnest Shackleton (du nom de l’explorateur pionnier de la découverte de l’Antarctique dans les années 40, ndlr). Nous avons navigué trois semaines. Nous avons été bloqués dans les glaces pendant sept jours. On est arrivé à la station Halley le 24 décembre, le soir de Noël.

    Une fois sur place, comment est-ce que la vie s’organise ?

    D’abord, il faut décharger le navire, la station se trouve à 50 km du point d’arrivée. Pendant quelques jours, l’essentiel du travail consiste à faire des allers-retours pour acheminer le matériel et les réserves jusqu’à la base. On est arrivé en plein été donc il faisait jour 24h/24h et « seulement » -20°C, c’est plus pratique pour travailler.

    detours-itv-ingenieur-antarctique3

    En quoi consistait concrètement ton travail là-bas ?

    Le but de la mission était d’observer et de relever les quantités de gaz présentes dans l’atmosphère de 0 km à 100 km. Il n’y a aucune activité humaine à des centaines de kilomètres à la ronde, l’air y est donc extrêmement pur. Avec les relevés que l’on fait, on peut ensuite faire des projections de données pour le climat du monde entier. De mon côté, en tant qu’ingénieur scientifique, je devais vérifier que les données récupérées par les équipes sur le terrain étaient justes.

    detours-itv-ingenieur-antarctique2

    J’imagine que c’est particulier de vivre dans un tel environnement pendant 15 mois, raconte nous un peu ton quotidien là bas.

    D’abord il faut savoir qu’entre l’été et l’hiver, le mode de vie varie énormément. En été (de décembre à février), c’est la course contre la montre. On a trois mois avant l’arrivée de l’hiver : tout le monde est à fond, il y a pas mal de pression. Les 50 personnes travaillent 6 jours par semaine, 10h par jour, c’est assez fatiguant. Mais tout le monde a un travail spécifique, la machine est bien rôdée.

    En hiver, nous n’étions plus que 12 : les irréductibles ! C’est le minimum pour faire tourner la base. Là, tout le monde est mis à contribution pour toute sorte de travail en plus du sien : le ménage, la cuisine, le ramassage de la neige (pour avoir de l’eau en continu)… La pression se relâche un peu, on travaille 5 jours par semaine. Bon par contre, on a trois mois sans soleil et la température est d’environ -50°C. Mais paradoxalement, c’est plus facile de dormir que l’été où il fait jour en continu !

    Et le week-end, on fait quoi en Antarctique ?

    Comme en Europe, sauf que tu vois moins de têtes différentes ! Là bas, il y a de quoi s’occuper : il y a une salle de gym, un billard, des jeux-vidéo et même de l’alcool. On s’est fait quelques soirées. Bon on ne se mettait pas minable non plus, en cas de problème, ça peut devenir dangereux. Bon une fois on s’est tout de même mis vraiment saoul (rires). (phrase pas française :))

    Foot sur glace, tranquille ?Foot sur glace, tranquille
    Et vivre avec les mêmes 11 personnes durant des mois, ce n’est pas trop dur ?

    On fait tous des efforts pour que ça se passe bien. On est conscient qu’on doit prendre sur nous pour éviter le burn-out. Après il y a des gens plus ou moins bien préparés. Tout s’est bien passé de mon côté. Je me suis vraiment lié d’amitié avec plusieurs personnes.

    Quel bilan ferais-tu de cette expérience ?

    La vie là bas est très simple : pas de courses à faire, pas de métro à prendre, on se préoccupe de pas grand chose en fait. C’est juste que les priorités ne sont pas les mêmes. En Antarctique, tu vas à l’essentiel : tu agis pour survivre. C’est à mon retour que j’ai eu du mal ! Choisir des produits dans un supermarché était un vrai casse-tête : je n’étais plus habitué à avoir le choix !

    Pour le reste, c’était une expérience formidable, j’ai vu des aurores australes toutes les semaines, des pingouins par centaines : c’était vraiment unique. Mais je crois que la chose qui m’a le plus marqué, c’est le silence qui règne là bas.

    La binouze à -45°C, il faut la boire vite
    La binouze à -45°C, il faut la boire vite

    Marius Riviere

    Vous aimerez aussi

    Portraits

    Votre vote a bien été pris en compte. Revenez demain pour voter à nouveau. Pour savoir si votre candidat préféré fait partie des 5 projets sélectionnés pour le Grand Oral, abonnez-vous à la page Facebook de Détours.

    Votre vote a déjà été pris en compte pour ce projet. Revenez demain pour voter à nouveau.