Les réseaux sociaux
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    À quoi sert un détective privé à l’époque d’Instagram ?

    Que le web ait changé le taf des détectives, vous vous en doutiez (à quoi bon filer un type quand il a déjà annoncé sur les réseaux sociaux où il allait…). Mais aviez-vous imaginé qu’ils pourraient être notre meilleure arme anti « fake news » ? Enquête (forcement).

    Qui sont-ils, quels sont leurs réseaux ? Profession réglementée depuis la loi du 12 juillet 1983, les « agents de recherches privées » sont des enquêteurs mandatés par leur client pour recueillir des preuves et les consigner dans un rapport. Objectif ? Ouvrir une « procédure judiciaire ». Déjà, on sent que c’est moins sexy qu’un épisode de Jessica Jones. En plus, les enquêtes portent surtout sur des vols de brevet, des concurrences déloyales ou des employés supposés clandestins. Pourtant, on peut leur trouver une facette bien actuelle et typiquement geek : ce sont de purs stalkers.

    Pertinence vs abondance. Trouver de l’information, c’est facile, il y a en partout. Avec l’avènement du web, c’est comme les champignons : certains cherchent et d’autres savent où trouver. Pour Yves Conversano, enquêteur déclaré depuis 1982 et professeur à l’IFAR : « Dans le temps, il fallait aller au greffe, au cadastre, aux impôts… Là, on a même accès à l’international. » La difficulté consiste donc à savoir trier l’info et la vérifier. « Notre travail, c’est le recoupement. L’information est accessible à tous, à la différence du « Renseignement » qui est pertinent et confirmé. C’est ça notre valeur ajoutée. »

    Justement, le plus dur est de trouver l’erreur, parfois intentionnelle. Certains le savent bien : une simple coquille dans des mentions légales, un nom écorché, un chiffre manquant ou une date de naissance inexacte et Google ne sera plus votre ami. Il faut donc mouiller le maillot et aller sur le terrain.

    « Avant, je mettais un mois pour faire une recherche sur du patrimoine par exemple, explique le détective : écrire pour demander, recevoir et exploiter l’info. Aujourd’hui, je fais ça dans la journée, en ligne. »

    Traque sur internet. Alors, drone photographe ou virus pour hacker votre webcam, vous demandez-vous. Désolé mais les détectives usent des mêmes outils que nous, car ces agents très spéciaux n’ont aucune dérogation à la loi. Ni balise GPS sous la voiture, ni effraction, ni écoute téléphonique… « Faire ça c’est illégal et c’est tricher. Moi je parle à mes élèves de « détectives indélicats ». » La tech a donc facilité le job mais ne l’a pas renversé : les services de géolocalisation sont pratiques pour préparer ou se faire une idée, mais il faut toujours se déplacer pour constater.

    Du bon sens : les détectives s’incrustent là où vous êtes. Créer un profil sur un réseau social, observer, discuter si besoin, c’est bien plus parlant. « On passe d’un réseau d’amis à un réseau d’étude, puis on va partir sur les données financières. On recroise. » Yves Conversano raconte avoir retrouvé quelqu’un que tout le monde croyait perdu simplement en lorgnant du côté des listes sportives : le disparu s’inscrivait régulièrement à des courses et marathons !

    Et plus si infidélité. Et d’ailleurs, pourquoi chercher à espionner quelqu’un quand il est si facile de lui faire dire les choses ? « On passe un coup de fil en posant 10 questions « sous prétexte ». C’est du savoir-faire : « Bonjour j’appelle pour une étude sur les climatisations, vous êtes propriétaire ? » C’est interdit depuis des années aux US, mais encore autorisée en France. » Et si vous voulez avoir peur d’une chose, c’est qu’on vous pirate votre mobile. Là, confie Conversano, le hacker a accès à tout, des infos aux périphériques, et il peut prendre et télécharger des photos ou du son… Oui, vous pouvez flipper.

    IA, Inspecteur algorithmique. Conclusion, ce job est celui du recoupement de données massives. L’avenir verra-t-il ce boulot confié aux intelligences artificielles ? Non, car la métadonnée est une info morte. Elle a pu changer entre-temps et seul un humain peut la garantir. La solution, c’est plutôt d’encadrer l’accès à l’info et sa valorisation.

    Des milliers d’entreprises se tournent donc vers cette rare compétence disparue des rédactions de presse : le recoupement. Preuve en est, les agences de détectives s’uberisent à tout va et le web regorge d’offres à prix et prestations cassés (500€ sans remise de rapport, ni déontologie). Faut-il craindre la tech ou l’homme ? Dernière sentence du professeur détective : « Le vrai danger aujourd’hui, c’est la désinformation. »

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