À Paris, la "Maison des coursiers" offre une aire de repos aux livreurs entre deux courses
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À Paris, la “Maison des coursiers” offre une aire de repos aux livreurs entre deux courses
Hilaire Picault |  13/10/2021 10:07
À Paris, la "Maison des coursiers" offre une aire de repos aux livreurs entre deux courses

Les plateformes de livraison de repas n’avaient rien prévu jusque là pour qu'ils puissent manger, récupérer ou aller aux WC... Alors des élus de Paris ont cassé leur tirelire.

Livreur en approche. En 2020, on comptait 11 000 livreurs chez Deliveroo et 30 000 chez Uber Eats. Depuis le premier confinement, les commandes explosent, recrutements et bénéfices aussi. Pourtant, malgré des semaines de 50 à 60 heures, les coursiers n’ont aucun lieu de repli entre deux shifts. La pause café ? Dans la rue, avec une enceinte Bluetooth qui fait hurler les voisins. Envie de pipi ? De se laver les mains ? De recharger le portable qui vous donne les commandes et fait GPS ? Il faudra demander au resto s’il est d’accord pour que vous entriez… Et quand le sommeil frappe, où se trouve la salle de repos ?

La dignité, c’est une maison, pas un scooter. Un état de fait aussi rabaissant pour les coursiers que dérangeant pour les riverains qui voient nuit et jour les livreurs vivre sur leur scooter au milieu des trottoirs. Horrifiée, la conseillère de Paris Barbara Gomes réclamait il y a un an l’ouverture d’un abri. C’est chose faite : la Maison des coursiers a ouvert 70 boulevard Barbès, dans le 18e arrondissement.

Grâce à la participation de la fédération des coursiers CoopCycle (que nous avions rencontrée ici), le lieu accueille pour le moment ces travailleurs de 12h à 19h les week-ends, mais dès janvier, l’abri gardera ses portes ouvertes 4 jours par semaine.

En première ligne. En plus de pouvoir se reposer et se restaurer dans ce lieu de 125 m², les coursiers trouveront des associations de soutien, des syndicats, et des conseils pour trouver un job plus pérenne grâce à l’AMLI. Et demain, d’autres lieux partout en France ? Sûrement pas, assène l’élue au Figaro  : « le but recherché n’est pas de rendre service aux plateformes, dont l’ingénierie juridique vise à contourner la législation sociale et provoque une dégradation des conditions de travail des livreurs ».

Pour colmater ce vide social, ce lieu a coûté 35 000 € à la ville de Paris, au lieu d’être financé par les sociétés qui emploient ces coursiers. Une somme qui évitera par ailleurs des incivilités tout en rendant une dignité à des travailleurs. D’aucuns verront un paradoxe à se voir ôter le pain de la bouche par des vendeurs de repas.

Deja demain Uber eats

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