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    À 32 ans, il a fait fortune en investissant dans les slips

    Guillaume Gibaut se rêvait à la NASA à envoyer des fusées dans l’espace. Au final c’est raté, mais il a atteint bien des sommets mais en se tenant à des élastiques : ceux du Slip Français, startup de sous-vêtement 100% made in France. Plongée dans les dessous de sa réussite.

    « Challenge accepted ! » Si vous associez l’image du « made in France » avec un ex-ministre en marinière, vous êtes passé à côté d’une success story bien de chez nous. Celle de Guillaume Gibault, qui a lancé sa marque de textile en 2011 après un pari autour d’une bière. Six ans plus tard, il compte les millions dans un avion entre New York et Paris.

    Mettre le paquet. Si l’on tire le fil, l’histoire commence en 2009 : son diplôme de HEC en poche, Guillaume devient chef des ventes d’un supermarché bio avant de découvrir que son grand père fabriquait des sacs de voyage pour Léon Flam, marque adorée des aviateurs de l’aéropostale. Des écharpes flottantes au vent plein les yeux, Guillaume démissionne pour relancer le bagagiste éteint avant la Seconde Guerre mondiale. Mais il va rapidement devoir la confier à son associé, Louis Epaulard, pour relever un défi : vendre la fringue ringarde par excellence, des slips. Pari remporté, haut la main.

    Déclaration d’intention : « J’avais en tête une sorte d’Hermès du slip sur Internet. »

    Franch’ Tech. D’abord, Guillaume Gibault va trouver sur le web une usine de sous-vêtement en Dordogne et commander 600 slips bleu, blanc ou rouge. En septembre 2011, il les ramène dans son coffre jusqu’à Paris et monte son propre site pour les vendre… en ligne. « Les sous-vêtements, ça s’expédie facilement car c’est très léger et ça ne s’essaye pas en magasin, explique-t-il au magazine Horace. On peut tout aussi bien l’acheter sur Internet. »

    Le Slip Français ne lâchera pas le digital de sitôt : sa stratégie initiale consiste à ne posséder ni boutique ni usine mais de vendre autant que possible en ligne. En 2012, 80% du chiffre d’affaires venait du net. Avec le recul, l’élastique a fini par bailler un peu puisque les ventes digitales ne représentaient plus que 55% en 2015. Cela reste une démarche made in France à 100%, où la marque contrôle autant les achats de matières premières que la dizaine d’usines de fabrication et d’ateliers de confection avec lesquels elle travaille.

    La fête du slip. La vraie spécificité de la marque, c’est son ton. À l’équilibre entre la fierté et la potacherie, jamais vulgaire. Détournement de slogans politiques et punchlines digne d’Audiard : « Vous voulez changer le monde ? Commencez par changer de Slip ! » Proche des gens et drôle, que ce soit avec la petite phrase qui fait mouche sur Twitter ou la photo qui claque la fesse sur Instagram. « Notre objectif, c’est de marquer les gens, enfonce son fondateur. D’essayer de se différencier le plus possible dans tout ce que l’on fait. Lorsqu’on lance une campagne d’affichage métro, on la fait rouge, avec un slip énorme. »

    Le résultat est là : la petite marque représente aujourd’hui 43 employés, des partenariats avec agnès B., le lancement d’une ligne féminine et des millions levés pour tirer encore un peu le slip vers le haut. Car Guillaume Gibault a encore en tête les rêves de grandeur de Mermoz et Kessel et veut entrer au patrimoine de la France. Pour cela, il ne se contente pas d’ouvrir des succursales en Asie, il récolte 30 000 euros de crowdfunding pour lancer Le Slip Français en Amérique. Verra-t-on bientôt les Beastie Boys chanter : « No slip till brooklyn ? »

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