
Boyan Slat est un jeune Hollandais qui veut sauver le monde et pour une fois, ce n'est pas du flan : à 19 ans, il dessinait les plans d’une barrière flottante destinée à ramasser les tonnes de plastique éparpillées en mer. Six ans plus tard, The Ocean Cleanup devient enfin une réalité.
Le septième continent. Quand on pense à la mer, on imagine les étendues de carte postale avec le soleil couchant et les palmiers, mais beaucoup moins à ce qui se passe, en vrai, loin de nous : c’est ce que les scientifiques appellent le « septième continent », un amas gigantesque de déchets plastiques grand comme trois fois la France, situé dans le Pacifique. On y trouve des bouteilles en tous genres, des sacs, des emballages qui se regroupent tous sur des surfaces insensées sous l’effet des courants.
Prise de conscience. C’est cette situation alarmante qui a donné l’idée à Boyan Slat, jeune ingénieur en aéronautique et surtout écologiste endurci, de se retrousser les manches. Derrière son physique taillé pour le casting de One Direction se trouve un cerveau salué pour son projet pharaonique dès 2012 : The Ocean Cleanup qui, comme son nom l’indique, vise à nettoyer tout le bazar semé par l’être humain, au fil des années. Le principe : déposer des barrages individuels de 600 mètres de long et 3 de profondeur, çà et là, avec un système alimenté par l’énergie solaire. L’objectif chiffré est très concret : récupérer la moitié des 80 000 tonnes de plastique contenues dans le « vortex du Pacifique » en moins de cinq ans.
In case you missed it, here is a short recap of our announcement today. pic.twitter.com/bGhrkty5W6
— The Ocean Cleanup (@TheOceanCleanup) October 2, 2019
Du rêve à la réalité. Quatre à seize fois supérieur aux précédentes estimations des scientifiques, le septième continent de plastique grandit à une vitesse démesurée. Et c’est précisément pour répondre à cette urgence que le projet de Boyan Slat est actuellement entré dans une nouvelle phase de test après les premiers essais sur l’île de Tsushima, au large du Japon, puis en mer du Nord, en 2016. Cette fois, l’aspirateur géant semble enfin prêt à entrer en action puisque la première barrière de 120 mètres a été déployée dans la baie de San Francisco avant, on l’espère, une démultiplication un peu partout là où le plastique couvre la belle couleur bleue de la mer. « L’idée m’est venue lors d’un voyage en Grèce à l’âge de 16 ans, aime-t-il à répéter, après avoir vu plus de sacs plastiques dans l’eau que de poisson. »
Aujourd’hui, The Ocean Cleanup semble prêt à rétablir la balance écologique. Quand on sait que les Pays-Bas sont aussi les premiers à avoir inauguré le supermarché sans plastique, on se dit que certaines nations sont plus sensibles que d’autres à l’avenir de la planète.