30 km/h en ville : est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ?
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30 km/h en ville : est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ?
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LA REDACTION |  09/02/2021 10:01
30 km/h en ville : est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ?

Cette mesure a permis de réduire d’un tiers les accidents en ville mais elle risque d’accentuer la pollution atmosphérique. Alors, les limitations de vitesse, stop ou encore ?

Moins de mort dans les rues. La limitation à 30 km/h en ville fait partie des 146 propositions de la “Convention citoyenne pour le climat” retenues par le président. Près de 200 villes de France appliquent déjà la mesure sur tout leur centre ville ou dans des zones précises. Citons les métropoles de Lille (depuis 1983), Grenoble, Toulouse ou Nantes. Cette politique est vantée pour réduire la mortalité routière en agglomération, puisqu’il est plus facile d’anticiper un accrochage à cette allure et qu’à vitesse réduite, les accidents qui sont inévitables font des dégâts moindres.

1 accident sur 3 évité. Une récente étude britannique montre maintenant que, non seulement la létalité chute, mais la mesure aboutit aussi à une réduction nette des occurrences d’accidents. Donc du nombre de collisions. À Édimbourg, la plupart des rues sont passées de 30 mph en 2016 (50 km/h) à 20 mph (30 km/h) en 2018. L’Université de Saint Andrews a observé les résultats et son étude constate que le nombre d’accidents de la route est passé de 95 en 2016 à 64 en 2018. Soit un tiers d’accidents évités.

Le statisticien qui a dirigé l’étude, Valentin Popov, y voit « des preuves irréfutables qu’un changement structurel s’est produit ». Traduisez : les conducteurs ont changé leur conduite. Un outil d’autant plus sûr que d’autres études locales ont démontré qu’à chaque réduction d’1,5 km/h, les accidents baissent de 6 %. Oui mais : rien ne dit que ce changement de comportement découle de cette seule loi. Et cette baisse flagrante est-elle durable ? Si l’on en croit l’exemple lillois, oui : en 2010, un premier bilan montrait déjà une chute de la mortalité constante. Mais alors pourquoi les maires hésitent-ils ?

Un choix fumeux. L’exemple le plus parlant est la ville de Cognac en Charente, qui a annulé le décret de passer la ville à 30 km/h. Motif : les automobilistes ne respectaient pas cette mesure et cela entraînait de nouveaux accidents. Un comble. La Ligue de Défense des Conducteurs a un autre argument : les motorisations ne sont pas adaptées à ce régime ce qui génère un surcroît de pollution. Ils clament dans une étude qu’entre 20 et 45 km/h, la circulation est d’abord plus bruyante et qu’elle rejette plus d’émissions qu’à 50 km/h, car on passe de sous-régime à sur-régime en permanence… Il y a de quoi tousser.

Alors, ça avance ? Après le scandale des 90 km/h, on serait surpris de voir le gouvernement batailler pour imposer un nouvel abaissement de la vitesse maximale autorisée. Toutefois, la conclusion de Lille, de Grenoble ou d’Édimbourg est que ce décret pousse beaucoup à troquer le volant pour le vélo, ou la marche. Or, à 30 km/h, la mortalité baisse aussi chez les usagers des mobilités douces. Et ça, ça fait effectivement chuter les bouchons ET les émissions de CO2.

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Limitation vitesse

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