2022 : Anne Hidalgo peut-elle devenir la présidente de la mobilité ?
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2022 : Anne Hidalgo peut-elle devenir la présidente de la mobilité ?
Vincent Pons |  27/01/2021 10:30
2022 : Anne Hidalgo peut-elle devenir la présidente de la mobilité ?

Il y a 50 ans, lors du congrès d’Épinay, François Mitterand créait son nouveau parti socialiste. Un demi-siècle plus tard, nous assistons peut-être à l’avènement d’un nouveau PS, celui-ci 100% mobilité avec l’annonce de la candidature d’Anne Hidalgo à la présidentielle.

Hidalgo à l’Élysée ? Elle avait toujours dit non, à la limite qu’elle serait prête à aider un candidat socialiste dans la course. Pourtant, depuis quelques semaines, le bruit de sa candidature court dans tous les journaux. On dit qu’elle se prépare à cette éventualité, qu’elle ne confirmera pas l’information avant l’été, mais le train semble en marche. Et cela se comprend car les astres semblent s’aligner pour elle à gauche. Dans un sondage sur les personnalités préférées des sympathisants de gauche, elle prend la première position ex-aequo avec Martine Aubry. Même le discret Olivier Faure le reconnaît, Anne Hidalgo « serait une excellente présidente ». 

Sur le front politique, sa personnalité est rassembleuse pour un camp socialiste fragilisé par une décennie de dissensions. Le parti a connu l’épisode des frondeurs sous François Hollande ainsi qu’une fuite de nombreuses personnalités chez LREM. Hidalgo avec un projet ouvert sur l’écologie et la mobilité pourrait prendre la place du glissement à droite de la majorité présidentielle. Elle permettrait aussi d’offrir une alternative au très probable duel Macron-extrême droite au second tour grâce à un bilan fort à la mairie de Paris. 

« On fait l’bilan calmement. » Au conseil municipal de la capitale, la maire a su construire une majorité allant de l’extrême gauche à des sympathisants macronistes pour imposer son calendrier. Ses sept années à la mairie sont le témoignage d’un mandat d’actions : elle a su imposer la présence de mal-lotis dans l’ouest de la ville, supprimer des places de stationnement, la création de zones à faibles émissions et bien sûr la piétonnisation de certaines parties des rives de la Seine. 

La mobilité est son sujet numéro 1, mais c’est aussi son plus gros point faible. Dans un sondage du JDD sorti en 2019 sur le bilan d’Anne Hidalgo jugé par les Parisiens, la fragilité est bien présente. 53% des sondés jugent positivement son bilan en matière de mobilité mais cela se complique sur la circulation. Son action à ce propos passe mal et 76% des sondés disent que son bilan est négatif à ce sujet. 

Pour Chloé Morin, ancienne conseillère de l’Opinion Publique pour les gouvernements Ayrault et Valls, la manière dont elle a agi sur les transports à Paris a souvent été taxée d’idéologique ou de dogmatique sur la méthode. Pourtant, elle s’est saisie de la problématique de la mobilité avant les autres, en a fait un marqueur de sa politique, ce qui s’avère être une force. Si l’exécutif se préoccupe de la mobilité, une candidature Hidalgo pourrait être intéressante car elle serait obligée de forger un programme ambitieux sur ce sujet. Néanmoins, elle pourra y arriver uniquement en comprenant et en s’exprimant sur les contextes locaux. Actuellement, sa politique suscite des interrogations en province où elle est perçue comme pro-vélo et anti-voiture. 

Maire des villes, présidente de France. Son principal handicap repose donc sur sa sociologie citadine, parisienne dirait-on même. Pour l’instant, en termes de mobilité, ses arguments sont principalement urbains provoquant ainsi de nombreuses inimitiés. Nous nous souvenons par exemple de la campagne véhémente de Marcel Campion à son égard. Pour décliner son programme à la France, il faudra donc qu’elle montre sa compréhension des enjeux mobilité sur tout le territoire et une meilleure capacité à rassembler. 

Déjà en action, son équipe va lancer une « plateforme d’idées » nommée « Idées en commun » afin de réfléchir à… des idées. Sans pour autant se déclarer candidate, le lancement d’une telle plateforme ressemble aux balbutiements de la création d’un programme. Ainsi, elle servira de base à la constitution d’un projet de gauche social et écologique allant au-delà des considérations parisiennes. Chez Détours, on est sûr que le programme contiendra au moins deux points importants quoi qu’en disent les mécontents : le développement de pistes cyclables et d’ambitieuses réformes sur l’amélioration de la qualité de l’air. Et ça, on n’est pas contre. 

Anne Hidalgo mobilité écologique Mobilité urbaine Présidentielle

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